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A Bruxelles, Berlin donne le « la »

A la Fête de la bière, à Munich, en  1997.

Qui l’a relevé dans le tourbillon de l’actualité bruxelloise ? En février, le très discret Klaus Regling a été reconduit pour cinq ans à la tête du Mécanisme européen de stabilité (MES), un fonds d’une capacité de prêts de 700 milliards d’euros lancé par les dirigeants européens pendant la crise, en 2012, pour sauver les pays membres menacés de faillite. Un Allemand de plus à l’un des principaux postes de pouvoir de l’Union européenne (UE) ? Parfois, Bruxelles s’en aperçoit à peine, mais il arrive que la polémique, récurrente, s’enflamme à nouveau : Bruxelles serait décidément trop allemande, Berlin déciderait de tout.

Ce fut le cas fin 2016, quand l’Allemand Günther Oettinger, déjà commissaire au numérique, a hérité du portefeuille sensible du budget de l’UE, et que le président du Parlement européen d’alors, le social-démocrate allemand Martin Schulz, a tenté – sans succès – d’enchaîner sur un troisième mandat. Les critiques sur « l’hégémonie » allemande au sein des institutions européennes ont de nouveau fusé dans les rangs des politiques et des diplomates européens. Ces reproches font écho aux attaques régulières de Marine Le Pen contre François Hollande, taxé de « vice-chancelier » d’Angela Merkel. Ou aux déclarations de Donald Trump qui, à la veille de son entrée en fonctions, début janvier, avait affirmé que l’UE était un « instrument aux mains de l’Allemagne ».

Les critiques vont-elles cesser maintenant que le nouveau président français, Emmanuel Macron, europhile assumé et revendiqué, promet de refonder l’Europe et de relancer le couple franco-allemand ? C’est en tout cas indéniable : les Allemands sont omniprésents à Bruxelles. Le très puissant chef de cabinet du Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, est un Allemand, craint et admiré : Martin Selmayr. La plupart des commissaires ont choisi au moins un Allemand dans leur cabinet, histoire de cultiver le lien avec Berlin.

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