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Accident de Millas : un samedi de deuil, dans l'attente des révélations du procureur

Les décorations de Noël ont été enlevées. A Perpignan, les illuminations de Perpignan sont éteintes. Les drapeaux sont en berne. Les Pyrénées-Orientales sont en deuil, ce samedi, après la violente collision entre un autocar scolaire et un train régional.

Alan, Loïc, Ophélia, Yonas, Diogo, cinq élèves du collège de Millas, ont été tués dans la violente collision entre un train et un car de ramassage scolaire, jeudi, peu après l’heure de sortie des classes. Dix-huit autres enfants, âgés de 11 à 17 ans, ont été blessés, dont neuf sont en urgence absolue, selon le dernier bilan de la préfecture.

Le maire de Saint-Féliu-d’Avall, d’où les 23 passagers du car étaient originaires, évoque « une catastrophe pour le village ».

« Le ciel nous est tombé sur la tête », dit-il.
« Je me suis rendu sur place et là c’était l’horreur. Quand on voit l’état de ce bus, c’était innommable », a-t-il ajouté.

Barrières ouvertes ?

Les investigations se poursuivaient samedi ainsi que les auditions, parmi les enfants et leurs familles, les passagers du train et les témoins de l’accident.

La carcasse du bus après l’accident survenu à Millas, dans les Pyrénées-Orientales, jeudi 14 décembre. (RAYMOND ROIG / AFP)

Avec cette question cruciale: les barrières du passage à niveau étaient-elles ouvertes, comme l’a affirmé auprès de son employeur la conductrice du bus scolaire, blessée dans l’accident, ou étaient-elles fermées au moment de la traversée des voies?

Pour la majorité des témoins, les barrières étaient « fermées »

« Tout le travail pour faire parler les barrières est effectué, pour déterminer ce qui a pu se passer », dit-on de source proche de l’enquête.

Le procureur de la République de Marseille, qui s’est saisi de l’enquête pour « homicides et blessures involontaires », a déclaré que les 14 témoignages recueillis évoquent « très majoritairement » des barrières fermées.

Il se rendra sur les lieux du drame et tiendra un point presse sur place en milieu d’après-midi, à l’issue de sa rencontre avec les enquêteurs.

« Le bus a été enlevé, la motrice est en cours d’enlèvement, la scène va être entièrement vidée de tous ses éléments », a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Faut-il supprimer les passages à niveau ?

Deuil et solidarité

Dans un message adressé à l’Evêque de Perpignan, le pape François s’est associé « par la prière à la souffrance des familles éprouvées par ce drame ainsi qu’à la douleur des camarades, collégiens et collégiennes, des proches de toutes les victimes et de la population de la région ».

L’émotion est immense à l’approche des fêtes de fin d’année. Près de 200 personnes étaient réunies à midi, devant l’Hôtel de ville de Perpignan, pour marquer une minute de silence en hommage aux victimes. Parmi elles, de nombreuses personnalités locales:

« Ce sont des moments où les mots ne servent pas à grand chose. On veut juste témoigner de notre solidarité », a déclaré le maire de Perpignan Jean-Marc Pujol.

Le Castillet, monument emblématique de la ville, sera symboliquement éteint samedi soir, ainsi qu’une partie des illuminations du coeur de ville.

L’organisation des obsèques, une éventuelle chapelle ardente, une marche blanche: Philippe Cèbe, le coordonnateur interministériel nommé pour aider « dans la durée » les familles des victimes, doit mettre en place, samedi en fin de matinée, tout le dispositif de manifestations de deuil avec le préfet du département Philippe Vignes.

A Saint-Feliu, le village qui pleure « ses petitous », une veillée de prières sera présidée dimanche soir par l’évêque de Perpignan Mgr Norbert Turini en l’église Saint-André. Le matin, le curé de la paroisse dira une messe en mémoire des jeunes disparus.

Toutes les manifestations festives sont annulées, la fête des écoles, le goûter de Noël, le concert de Noël, les voeux du maire. Et les magasins ont décroché leurs décorations.

« Saint-Feliu pleure », a souligné le maire :

« La commune est en deuil, les élus sont en deuil, la population est en deuil, nous sommes à côté des familles des victimes quelle que soit la gravité de leur état ».

Des moyens de transport, des taxis locaux sont proposés aux habitants. Une cellule d’aide psychologique est en place à la mairie et « va s’installer dans la durée ». Elle est destinée aux familles mais aussi à toute la population.

« C’est tout le village qui est en deuil », a déclaré une habitante Monica Choquel.

« Même si je n’ai personne qui me touche personnellement, pour moi c’est l’horreur, c’est des enfants du village, et on les aime, ce qui est arrivé c’est un drame, quelque chose d’atroce ».

(AFP)

L'Obs

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