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Adeline d'Hermy dans Maryline, le meilleur espoir de Guillaume Gallienne

PORTRAIT – La comédienne de 30 ans, l’une des plus en vue de la Comédie-Française, est l’héroïne du deuxième film de Guillaume Gallienne, en salle ce mercredi. Elle fait partie des 36 révélations, pouvant prétendre au César du meilleur espoir 2018.

Un haut front, des yeux largement fendus, un nez court, une bouche très bien dessinée, l’ovale parfait du visage, tout en elle fait penser à ces beautés silencieuses de la peinture classique. Mais ce qui frappe aussi, c’est sa silhouette déliée et voluptueuse, son sourire éclatant, sa démarche légère. Claudel disait que pour jouer Le Soulier de satin, il fallait être dans «une transe légère et érotique». Adeline d’Hermy est dans cette note.

«Enfant, adolescente, j’étais très loin du monde du théâtre. Ma passion première a été la danse»

Adeline d’Hermy

Elle a été engagée au Français il y a déjà sept ans et a été nommée sociétaire le 1er janvier 2016. Elle est heureuse dans cette troupe brillante. «Au début, j’étais terrorisée, mais tout le monde a été très accueillant avec moi», glisse-t-elle dans un joli sourire. Elle jubile en comptant les spectacles dans lesquels elle a joué avec Loïc Corbery! Elle est fière aussi d’avoir tourné sous la direction de Guillaume Gallienne, Maryline. Un film de notre temps, d’après une histoire vraie, celle d’une jeune femme issue d’un milieu rural et qui vient à Paris pour devenir comédienne. Mais cela ne se passe pas bien.

Muriel Mayette-Holtz, alors administratrice générale de la Comédie-Française, l’avait repérée au conservatoire. «Enfant, adolescente, j’étais très loin du monde du théâtre. Ma passion première a été la danse» dit celle qui est née dans une bourgade du Pas-de-Calais, Noyelles-Godault, berceau d’une famille qui vit toujours dans le Nord. Un frère et une sœur aînés, des parents aimants. Adeline se rend près des siens dès qu’elle a un moment, ce qui est rare: elle n’arrête pas! «J’ai intégré une troupe de danse de ma ville dès l’âge de 5 ans! Plus tard, à Lille, j’ai suivi trois ans durant des cours de danse contemporaine. Techniquement, j’étais un peu en retard, mais je m’exprimais. C’est pourquoi mes professeurs m’ont conseillé le théâtre!»

Une Héléna irrésistible

Adeline n’était jamais allée au théâtre avant d’arriver à Paris. «Le hasard veut que le premier spectacle que j’aie vu ait été Hôtel du libre-échange de Georges Feydeau, dans une mise en scène d’Alain Françon que j’allais retrouver au conservatoire et ensuite, ici même.» À l’époque, Adeline d’Hermy partage un petit appartement en colocation à Ménilmontant, travaille dans un bar et s’initie à l’art dramatique au Cours Florent. Elle a un très bon professeur, Bruno Blairet, qui la prépare au concours d’entrée au Conservatoire national supérieur. Elle y entre brillamment.

Au conservatoire, durant les trois années de formation, elle a comme professeur Dominique Valadié. «Un professeur exigeant, une personnalité forte, j’ai beaucoup appris. Et lorsqu’elle avait un engagement, c’est Alain Françon qui la remplaçait, une vraie chance!» Dès lors, on peut l’applaudir dans des spectacles, Edward Bond comme Molière. On la voit danser dans Un amour d’Agnès de Caroline Marcadé. Elle commence aussi un joli parcours au cinéma et à la télévision.

Muriel Mayette-Holtz la distribue dans ses mises en scène de Bérénice et du Songe d’une nuit d’été . Elle est une Héléna irrésistible et les spectateurs, définitivement conquis, la retrouvent en Charlotte dans Dom Juan. En six ans, entre les prises de rôle et les reprises, elle s’est affirmée: vive, gracieuse, grave, légère, selon les personnages qu’elle défend, sans doute une bonne vingtaine.

De quoi rêve cette jeune femme comblée? De faire des tournées, des grands voyages, en France mais aussi au loin! Et puis elle voudrait jouer Tchekhov. Elle l’a effleuré avec Les Trois Sœurs mais veut aller plus loin et, avec sa grâce, on sait qu’elle sera chez elle chez oncle Anton…

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