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Allemagne : avec Gauland et Meuthen, l'AfD choisit de se radicaliser

Après un vote rocambolesque qu’il a fallu recommencer trois fois, le parti d’extrême droite allemand s’est doté d’une nouvelle direction proche des courants radicaux.

Envoyé spécial à Hanovre

L’AfD s’ancre dans l’opposition fondamentale. Après une séance de vote rocambolesque qu’il a fallu recommencer trois fois, samedi à Hanovre, l’Alternative für Deutschland s’est dotée d’une nouvelle direction proche des courants radicaux.

Jörg Meuthen et Alexander Gauland ont été désignés pour diriger la formation comme «porte-parole fédéraux» par les 600 délégués du parti réuni en congrès. Alexander Gauland a dû se porter candidat en dernier recours, alors que les précédents scrutins n’avaient pas permis de départager Doris van Sayn-Wittgenstein, représentante des radicaux, et Georg Pazderski, tenant d’une ligne plus réaliste. L’aile dure de l’AfD l’a donc en réalité emporté en empêchant les plus «modérés» de prendre l’influence.

Les réalistes ont échoué à se faire entendre

L’AfD n’a choisi ni le renouvellement ni un leadership fort. Economiste et partisan d’un discours anti-immigration, Jörg Meuthen incarne le centre du parti. Peu charismatique, il est en place au même poste depuis 2015. Quant à Alexander Gauland, il est certes l’homme fort de l’AfD depuis son virage à droite en 2015. Co-président du groupe parlementaire, il est le tenant d’une ligne anti-islam explicite. Après les élections de septembre, où l’AfD avait obtenu 12,6%, il avait aussi promis de «pourchasser Merkel». Mais à 76 ans, il aurait préféré maintenant prendre du champ et préparer sa succession. «Le destin en a décidé autrement», a-t-il commenté après son élection en assurant que ce n’était pas ce qu’il cherchait. Il était toutefois le choix des plus durs du parti. Ceux-ci gardent la main en coulisses mais sans s’exposer.

LIRE AUSSI – L’inexorable montée en puissance de l’AfD en Allemagne

Les réalistes ont échoué à se faire entendre. Installée comme troisième force politique au Bundestag, L’AfD doit se préparer au pouvoir «à moyen terme», avait estimé Georg Pazderski. Mais ses adversaires ont fait barrage contre lui. «Cela prendra très longtemps» pour être en mesure de gouverner, a déclaré Alexander Gauland, pour tenter de calmer la grogne.

En attendant, l’AfD espère encore profiter des déboires de la CDU/CSU et du SPD. «Ces petits jeux de bac à sable sont pathétiques», a déclaré Jörg Meuthen samedi matin en ironisant sur les négociations de coalition. C’était avant que l’Alternative für Deutschland n’affiche ses propres divisions.

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