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Allez-vous «pimper» votre sapin de Noël ?

EXPRESSION POPULAIRE – Le verbe est employé lorsque l’on souhaite retaper un objet, en général insignifiant, afin de le rendre plus attrayant. Mais d’où vient ce curieux mot ? Le Figaro revient sur son origine.

Ça y est. Les premiers sapins campent l’entrée des magasins. Les chansons de Noël sont légion et les guirlandes de paillettes sont reines. Tout un chacun pense désormais au 25 décembre. Et a fortiori à la décoration de sa maison. Quel rapport nous direz-vous alors avec le titre de cette chronique? Eh bien! nous y venons. Cette semaine à l’approche des fêtes, un curieux mail est tombé dans nos boîtes internet. Son objet: «Secret Santa», son texte: «Venez pimper le grand sapin de la newsroom!» Sympathique initiative, certes, mais étrange jargon, n’est-ce pas? Que faut-il comprendre à cet anglicisme «pimper»? D’où vient-il? Le Figaro revient aujourd’hui sur ce terme bizarre.

Bizarre, c’est le mot. Car tentez donc d’ouvrir un dictionnaire, le mot «pimper» n’apparaîtra nulle part. Est-ce à dire que ce dernier relève alors de la néologie? Certes non! Car ainsi que nous le rappelle le Trésor de la langue française, le mot «pimper» est en réalité bien présent dans notre vocabulaire. Il est tout simplement tombé en désuétude en faveur d’un anglais toujours plus présent dans notre français. Si le mot «pimp» est bien un terme anglophone et désigne aujourd’hui en argot le «maquereau», «le proxénète» et sous sa forme verbale, l’équivalent de notre verbe «tuner», celui-ci dérive en réalité du radical «pimp», issu de l’ancien provençal «pimpar».

«Bien sapé, mais version clinquante»

Attesté dès le XVIe siècle en français, le mot «pimper» est d’abord employé comme un équivalent du mot «parer». On le retrouve par exemple dans les œuvres poétiques de l’auteur Jean de Boyssières. Deux siècles plus tard, le verbe opère une pirouette sémantique et signifie «regarder effrontément». Bien que rare dans les usages populaires, le mot est utilisé en littérature et apparaît notamment chez Huysmans. «Céline fit bouffer sa jupe et pimpa des prunelles», (Les Soeurs Vatard, 1879).

«Pimper» effectuera un dernier salto au XXe siècle pour qualifier dans certains parlers régionaux une personne «vêtue avec élégance, bien habillée». Un usage dont se souviendra Giono dans Les Grands chemins (1951): «Les patrons ont fermé et sont partis en auto. Ils étaient pimpés.» Une parfaite volte-face, qui nous permet ainsi de rallier la signification de notre verbe qui signifie aujourd’hui «soigner une tenue, un objet»! D’ailleurs, certains ne disent-ils pas qu’ils vont «se pimper» pour «se mettre sur leur trente et un»?

Rappelons au passage que le mot «pimp» en anglais opéra lui aussi une sacrée cabriole. Ainsi que nous le rappelle avec pertinence Aurore Vincenti dans son livre Les mots du bitume (Le Robert), le substantif qui désigne un souteneur a autrement désigné un homme d’affaires. Repris par les Afro-Américains dans les années 1970, -notamment en littérature- le «pimp» désignera «le type qui a réussi» celui qui est bien habillé, «bien sapé mais version clinquante». Un peu comme les couleurs des guirlandes de noël qui habillent, aujourd’hui, nos sapins à Noël…

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