Accueil | Actualité | Anne Hidalgo accusée d'emploi fictif : retour sur la polémique en 6 actes

Anne Hidalgo accusée d'emploi fictif : retour sur la polémique en 6 actes

Statu quo ce mardi 14 novembre. Alors qu’Anne Hidalgo et la mairie de Paris viennent de demander à « Capital » de retirer un article accusant l’édile parisienne d’emploi fictif, la rédaction du magazine maintient ses informations.

Accusée d’emploi fictif, Anne Hidalgo porte plainte en diffamation

Depuis ce lundi, le vice-président de l’Autorité de la concurrence Thierry Dahan assure que « Capital » a déformé ses propos, ce que nie le mensuel, qui ajoute détenir un enregistrement de son interview – accablante pour Anne Hidalgo. Retour sur la polémique en six actes. 

Acte 1« Capital » accuse Hidalgo

Tout commence le 25 octobre dernier. « Exclusif : les preuves qu’Anne Hidalgo avait un emploi fictif« , titre « Capital », qui écrit « être en mesure de confirmer » l’ancien emploi fictif de l’élue. « Cela faisait des années qu’on le murmurait dans les cercles parisiens sans parvenir à le démontrer, ni à pouvoir le dire tout haut », indique même le journaliste auteur de l’enquête, Philippe Eliakim. Et le papier de détailler comment Anne Hidalgo a continué de percevoir son salaire du ministère du Travail malgré sa mission de conseillère au ministère de la Justice puis ses responsabilités grandissantes à la mairie de Paris au côté de l’ancien édile Bertrand Delanoë. Les faits visés par l’enquête, vieux d’une quinzaine d’années, s’étalent de novembre 2000 à janvier 2003.

Montant des doubles casquettes successives : environ 100.000 euros, dont 21.000 remboursés, en 26 mois, détaille l’article qui produit notamment une partie des anciennes fiches de paie de l’actuelle maire de Paris. Autre « preuve » à l’actif de « Capital » : les témoignages – anonymisés – d’anciens conseillers ministériels qui affirment que l’emploi d’Anne Hidalgo au ministère de la Justice, auprès de Marylise Lebranchu, était bien « fictif ».

Acte 2Hidalgo porte plainte

Des « informations » auxquelles la mairie de Paris a immédiatement réagi, révélait « l’Obs », peu après la parution de l’article. « L’auteur de l’article est coutumier des attaques contre la mairie de Paris », affirmait l’entourage de l’édile, confirmant le dépôt prochain d’une plainte en diffamation par Anne Hidalgo.

Dans un communiqué publié par son cabinet en fin d’après-midi le 25 octobre, Anne Hidalgo contestait « avec la plus grande fermeté l’accusation d’emploi fictif » : 

« De 1997 à 2002, elle a exercé des responsabilités au cabinet du ministre du Travail, puis au cabinet du ministre de la Justice. Elue en mars 2001 et enceinte de son troisième enfant, elle a alors exercé son droit au congé maternité.

A l’issue de ce congé maternité, elle a demandé au ministère du Travail d’être placée en position de détachement avec cessation du paiement de sa rémunération, en raison de sa fonction de première adjointe […].

Anne Hidalgo rappelle son attachement le plus complet au respect du droit. »

Acte 3« Le Canard enchaîné » s’en mêle 

Mais « Capital » n’est alors pas la seule rédaction à s’intéresser au sujet. Dans son édition du 8 novembre, « le Canard enchaîné » rebondit sur les accusations de « Capital » et précise les montants, peut-être, indûment perçus par l’ancienne numéro 2 de l’Hôtel de Ville : 116.000 euros récoltés entre 2001 et 2002 « contre la volonté » d’Anne Hidalgo, note – sarcastique – « le Canard ». 

Dans le match qui oppose « Capital » et la mairie de Paris, l’article n’est évidemment pas interprété de la même façon : alors que le magazine retient que « l’étau se resserre » sur Anne Hidalgo, l’équipe de la maire préfère relever que « le Canard » ne reprend pas à son compte l’accusation d' »emploi fictif ». « Surtout, l’article montre bien qu’Anne Higalgo s’est adaptée à sa nouvelle situation professionnelle au gré de son parcours politique. Son indemnité auprès du cabinet ministériel avait diminué par deux fois et c’est bien elle qui avait mis fin à son activité professionnelle au ministère du Travail après son élection en 2002 », analysait à froid son entourage, auprès de « l’Obs ».

Acte 4Un témoin accuse « Capital » 

Mais nouveau rebondissement cette semaine, avec la publication ce lundi par « Challenges » du courrier adressé par Thierry Dahan, le vice-président de l’Autorité de la concurrence, à « Capital ». Comme l’écrit « Challenges », il y a un léger « problème » : cet ancien du cabinet de Marylise Lebranchu – ministre de la Justice de 2000 à 2002 – conteste officiellement les propos que lui prête « Capital ». Il se dit « scandalisé sur la forme comme sur le fond », après la publication de son témoignage dans un nouvel article publié lundi, intitulé : »Emploi fictif d’Anne Hidalgo : le témoignage qui l’accuse« .

L’ancien conseiller ministériel – impossible de savoir pour le moment si Thierry Dahan était déjà le conseiller cité en off le 25 octobre dans le premier article de « Capital » – accuse directement les journalistes de « pur mensonge » : 

« Comment pouvez-vous écrire que l’ancien conseiller ‘a un souvenir clair de cette période’ alors que j’ai passé mon temps à vous dire que mes souvenirs de cette période étaient très flous, que je n’avais aucun notamment souvenir des dates. »

« Je constate que vous avez déformé mes propos au point de leur faire dire le contraire de ce que je vous ai indiqué […] Vous commencez par une phrase choc ‘Je l’ai à peine croisée‘, laissant entendre que cette phrase vise la présence de Mme Hidalgo à son travail, alors que vous savez parfaitement, puisque je vous l’ai répété au moins dix fois, que cette phrase qui vous plaisait tant (je comprends aujourd’hui pourquoi) voulait simplement dire que nous nous étions croisés finalement très peu de temps, quelques mois tout au plus, dans un cabinet ministériel, il y a 17 ans et qu’elle était alors une collègue sur laquelle je n’avais pas de pouvoir hiérarchique », écrit-il aussi, demandant à « Capital » d’arrêter  d’utiliser son nom et sa fonction « comme caution ». 

Acte 5« Capital » maintient ses informations

Sauf qu’après réception du courrier, « Capital » a très vite confirmé maintenir ses informations. « Dans un e-mail envoyé à la rédaction ce lundi soir, Thierry Dahan conteste avoir tenu les propos cités dans notre article sur Anne Hidalgo. Nous confirmons ces derniers. Ils ont été recueillis au cours d’un entretien téléphonique dont nous possédons l’enregistrement », affirme le rédacteur en chef adjoint Gilles Tanguy, auprès de « Challenges ». 

Acte 6Hidalgo demande le retrait de l’article (en vain)

De son côté, la mairie de Paris a également demandé le retrait de l’article incriminé par Thierry Dahan, par l’intermédiaire de Matthieu Lamarre, conseiller presse d’Anne Hidalgo, indique toujours « Challenges » : « L’article en ligne sur votre site internet comporte des informations erronées, qui nuisent à l’image de la maire de Paris et qui peuvent relever sur un plan légal du délit de diffusion de fausse nouvelle. Je vous remercie de modifier votre article en conséquence, et ceci dans les plus brefs délais. » Mais pour l’instant, rien ne montre que « Capital » soit disposé à accepter les demandes de la mairie et de Thierry Dahan. Une décision « incompréhensible » qui signe la « volonté de tordre l’information pour nuire à Anne Hidalgo », selon un proche de la maire de Paris. 

En l’état, c’est donc devant les tribunaux que pourrait s’écrire la suite de ce bras de fer. Et selon nos informations, la plainte promise par Anne Hidalgo dès le 25 octobre a bien été déposée le 7 novembre par son avocat Jean-Pierre Mignard. « Tous les justificatifs prouvant la légalité de sa situation ont été retrouvés et seront versés au dossier », assure-t-on. 

L.B.

L'Obs

Lire l'article depuis la source

x

Check Also

Rugby: le XV de France s'incline de nouveau, contre Afrique du Sud (17-18)

SAINT-DENIS (AFP) –  Le XV de France a concédé une sixième défaite de suite, dont cinq ...

Partages