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Au Mans, Benoît Hamon se pose en leader écolo

Ils ont failli s’appeler La gauche, les Engagés ou même l’Au-delà. Mais finalement, ils ont adopté ce nom un peu barbare de « Génération.s le mouvement ». Ce mi-chemin entre un pluriel ou une version inclusive d’un terme déjà féminin a été choisi par Benoît Hamon et ses amis en ce jour de fondation de leur parti politique.

« Dans un moment où on a l’habitude d’opposer les générations, ce mot les réunit, il a de l’énergie, il nous donne de la liberté », confie l’ancien candidat à la présidentielle.

Le nom était déjà pris, mais c’est bien des Générations écologie qui ont été créées au Mans, ce samedi 2 décembre. Car c’est au fond le lancement d’un nouveau parti écolo qui a eu lieu dans cet amphithéâtre bondé du palais des congrès de cette ville dirigée par la gauche.

« Nous sommes de gauche. Nous sommes écologistes », proclame le préambule de la Charte du mouvement.

« Nous faisons nôtre la charte des Verts mondiaux qui fait de la préservation de notre Terre er des générations futures la ligne centrale de toute politique éthique », prévient aussi ce qui est la « constitution de notre mouvement, ce qui dit nos valeurs », selon Benoît Hamon.

L’écologie est la première valeur (à 85 %) revendiquée par les 28.000 personnes qui ont répondu au questionnaire de fondation du mouvement. Et symboliquement le seul à part Benoît Hamon qui déclenche une standing ovation des 2.000 présents, c’est Noël Mamère.

« Je ne suis pas ici pour jouer les idiots utiles, servir de caution. Je suis là, comme d’autres qui ont milité dans l’écologie politique et avons constaté notre échec. L’écologie ne se reconstruira pas toute seule. Nos sorts sont liés. Parler d’écologie et des droits communs, c’est la même chose », prévient le tribun. Très applaudi, celui qui avait fait plus de 5 % à la présidentielle de 2002 donne le là idéologique : « l’écologie, c’est la seule idée neuve du XXIeme siècle, mais ce ne sont pas les écologistes seuls qui pourront la faire vivre ».

« Devenir la première force de progrès »

Cécile Duflot, assise au milieu des autres dirigeants de gauche qui ont fait le voyage sait bien que c’est une étape de l’histoire de son camp qui se joue ici. L’ancienne patronne des Verts, éloignée de la politique depuis sa défaite législative, pense depuis longtemps que « la nouvelle page de l’histoire de la gauche ne peut se faire qu’avec l’écologie comme vertèbre ». Elle est donc parfaitement à son aise dans cette assemblée, à côté de son amie, la sénatrice écolo Esther Benbassa. Sandra Regol, porte-parole d’EELV est un peu moins enthousiaste. Pour elle, « c’est un parti qui a pris conscience de ce que l’écologie a transformé, mais je ne sais pas si c’est déjà un parti écolo. Il n’est pas encore naturel pour tous les membres de ce mouvement de lier les combats écolos et ceux pour les quartiers populaires par exemple ».

Au moment où les écologistes politiques ont complètement disparu du paysage politique, la naissance du mouvement de Benoît Hamon vient bien préempter cet espace politique. Car l’ancien socialiste ne cache pas ses ambitions. Revendiquant « 42.500 » adhérents, il a prévenu dans son discours :

« Nous avons vocation à occuper une place centrale dans le paysage politique. Notre objectif, je n’ai pas honte de le dire, c’est de devenir la première force de progrès ».

Un objectif qui semble bien inatteignable pour celui qui a fait le pire score du PS à la présidentielle en 2017 et qui paraît bien frêle entre Macron et Mélenchon. Hamon n’en a cure.

« Je pense qu’on est déjà audible. Il n’y a que trois ou quatre rédacs à Paris qui pensent qu’on ne l’est pas », balaie-t-il devant les journalistes.

Hamon est sûr de sa future bonne fortune électorale. Il a déjà en tête les élections européennes de 2019. « Nous incarnerons un bloc européen, transnational, socialiste, écologiste, progressiste qui vise à être la première force en Europe », a défini l’ancien ministre de François Hollande.

Un « dialogue » avec le PS ?

Avec qui son nouveau mouvement s’alliera-t-il ? C’est bien toute la question. « On est dans un moment charnière où le monde ancien se décompose et le monde nouveau se compose. Il se composera aux européennes ». Hamon a déjà répondu favorablement à l’invitation de Yannis Varoufakis, ancien ministre des Finances grec qui a lancé un mouvement européen. Hamon qui ne se reconnaît pas dans l’orientation européenne de Mélenchon entend discuter avec « EELV, le PC et même le PS » : « On verra qui veut nous accompagner dans ce chemin. On ne refusera de dialoguer avec personne. On demande même le dialogue ».

Verdict dans quelques mois.

Cécile Amar, envoyée spéciale au Mans

Cécile Amar

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