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Augmentation de la CSG pour les retraités : pourquoi le recul des pensions dépasse 1,8%

Et bonne année les retraités ! Quelque 60% des ex-actifs aux repos ont le bonheur de commencer 2018 par la matérialisation, ce mois-ci, du recul de leur pension. C’est en effet le 1er janvier qu’est entrée en vigueur la hausse de 1,7% de la CSG (contribution sociale généralisée) pour les retraites au-dessus de 1.200 euros brut par mois. Naturellement, les concernés sont nombreux à se plaindre, sur les réseaux sociaux ou auprès d’associations, de la mise en œuvre concrète de cette mesure voulue par Emmanuel Macron. Certains signalent même avoir constaté un recul plus important que prévu de leur pouvoir d’achat…

Ainsi Daniel, 78 ans, a utilisé Twitter pour faire entendre et sa colère. Joint par téléphone, il nous livre sa découverte : « Augmentation de 1,7% ? Mon œil, ma pension baisse d’1,84%. Cherchez l’erreur ». Comme lui, plusieurs retraité.e.s pointent un « dysfonctionnement » voire un « mensonge » de l’Etat. Avec toujours le même ordre de grandeur qui revient : « Mon net (à vivre) à baissé en fait de 1,86 % !!! », dénonce « Gondioc451 », de la Meuse. Et un troisième de conclure : « La ponction de la CSG a en fait augmenté de 1,84 à 1,86% ».

Alors, la note est-elle vraiment plus salée qu’elle devait l’être ? Explications.

Au 1er janvier, la CSG a bien été augmentée d’1,7 point, comme annoncé par le gouvernement. Argument de ce dernier : relever cet impôt prélevé sur les tous les revenus permet de redonner du pouvoir d’achat aux salariés en baissant en même temps sur leur fiche de paie le montant des cotisations sociales. Or, les retraités paient la CSG mais pas ces cotisations : ils sont donc perdants. Sans compensation, leur CSG est passée de 6,6% à 8,3%. Sur les feuilles de pension, ce prélèvement vient s’ajouter à deux autres : la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), dont le taux est de 0,5%, et la contribution au remboursement de la dette sociale (0,30%). Pour les retraites de régimes complémentaires (Agirc-Arrco) s’ajoute une cotisation d’assurance-maladie de 1%. Au total, ces prélèvements s’élèvent à hauteur de 9,1% de la pension brute pour les régimes généraux et à 10,1% pour les régimes complémentaires.

Faisons maintenant le calcul, avec pour exemple Daniel et sa pension de 1.500 euros brut. Avec l’augmentation de la CSG, il perd à partir de ce mois-ci 25,5 euros net, soit effectivement 1,7% de sa pension brute. Au bout du compte, s’il est affilié au régime général, sa pension nette, c’est-à-dire une fois tous les prélèvements effectués, a subi cette soustraction entre décembre et janvier : 1.389 – 25,5 = 1.363, 5 euros. Calculons maintenant le taux d’évolution entre les deux mois, avec un simple produit en croix : 1.389 étant la base de départ, et 25,5 la somme perdue, il faut multiplier 25,5 par 100 et diviser ce produit par 1.389 = 1,84%. C’est effectivement le résultat signalé par Daniel.

Et si Daniel avait été affilié au régime complémentaire, sa pension nette serait passée de 1.374 à 1.348,5 euros. Avec le même produit en croix, ceci équivaut à un recul de 1,86%.

On le voit, donc, le gouvernement n’a pas triché mais les chiffres de Daniel et « Gondioc » sont quand même bons. Sauf que ce n’est pas la ponction de la CSG qui « a en fait augmenté de 1,84 à 1,86% ». C’est la hausse de 1,7% la CSG qui aboutit à un recul global de pouvoir d’achat de 1,84% à 1,86%. Nuance. Reste que pour tous les retraités qui pensaient que leur baisse de pouvoir d’achat n’excéderait pas 1,7%, la surprise est mauvaise. Et il est vrai que le gouvernement avait omis de souligner ce détail mathématique !

Et la baisse de la taxe d’habitation, c’est pour quand ?

Pour voir leur pouvoir d’achat reprendre un peu de poil de la bête, les retraités devront attendre une autre mesure fiscale prévue par le gouvernement : la suppression progressive de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables d’ici à 2020. Première étape… en novembre !

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