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Aux Folies Bergères, une journée pour tenter de retrouver «l'esprit Charlie»

Trois ans après l’attaque djihadiste qui a frappé Charlie Hebdo, une journée de mobilisation était organisée samedi au théâtre parisien. Un hommage au journal satirique, mais aussi à la liberté d’expression.

«Charlie Hebdo, de la mémoire au combat». Trois ans après l’attaque djihadiste qui a touché la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, plusieurs centaines de personnes se sont réunies samedi aux Folies Bergères à Paris. L’occasion pour elles de renouveler leurs soutiens à la rédaction de l’hebdomadaire, mais aussi de raviver la flamme de «l’esprit Charlie», moins consensuel qu’en 2015. Même si, selon un sondage Ifop présenté samedi au théâtre parisien, les Français restent majoritairement «Charlie» à 61%, on observe tout de même une baisse de 10 points par rapport à janvier 2016.

L’événement était organisé non par Charlie Hebdo mais par trois associations: le Printemps Républicain, le Comité Laïcité République et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Des instances souvent pointées du doigt pour leur approche «stricte» de la laïcité. «Et alors?», répondent en chœur les organisateurs. «Nous ne faisons que défendre la loi de 1901», rappelle l’un d’entre eux au Figaro.

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Il en reste que les différents intervenants invités – Élisabeth Badinter, Caroline Fourest, Raphaël Enthoven notamment – pour répondre à la question «Qu’est-ce qu’être Charlie aujourd’hui?» allaient – à peu de chose près – tous dans le même sens. Une absence de contradiction cependant assumée par les organisateurs. «Nous sommes ici pour un hommage. Je n’ai pas envie de recevoir Edwy Plenel pour qu’il nous parle de “la guerre de Charlie Hebdo contre les musulmans” alors qu’il y a des proches des victimes dans la salle», raille au Figaro Amine El-Khatmi, le président du Printemps Républicains.

La rédaction toujours sous haute sécurité

L’équipe de Charlie Hebdo était de son côté représentée par son rédacteur en chef, Gérard Biard, et sa directrice des ressources humaines, Marika Bret. Les deux ont eu le mot de la fin à l’issue des débats. «Est-il normal qu’une rédaction soit obligée de se réunir derrière une porte blindée pour travailler? Peut-on dans ces conditions toujours parler de liberté de la presse pleine et entière?», a interrogé Gérard Biard, en référence aux conditions de travail actuelles des journalistes de Charlie Hebdo.

«Je pose la question à toutes celles et tous ceux qui, alors qu’ils ont une carte de presse, préfèrent disserter sur le bon goût et les limites de l’humour», a-t-il lancé. Une invective à peine voilée en direction d’Edwy Plenel suite à la polémique qui avait été déclenchée après la caricature du fondateur de Mediapart par Charlie Hebdo en novembre.

L’absence des autres membres de la rédaction aura toutefois été remarquée aux Folies Bergères. «Certains ne sont pas venus pour une question de sécurité. D’autres préfèrent rester sous la couette. Il ne faut pas oublier que cette première semaine de janvier est toujours un moment spécial pour ceux qui ont vécu l’attaque», tempère Amine El-Khatmi.

Une journée de débat à 45 euros

Plusieurs personnalités politiques ont également répondu présents à l’invitation. Premier sur la liste: Manuel Valls. Très apprécié par les membres des trois associations organisatrices pour sa vision de la laïcité, l’ancien Premier ministre a assisté depuis le premier rang de la salle parisienne à l’ensemble des débats, sans pour autant prendre la parole.

Également présente, la maire de Paris Anne Hidalgo, qui, malgré une entrée voulue discrète, aura essuyé les sifflets des spectateurs parisiens. La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, ou encore l’ancienne secrétaire d’État chargée de l’Aide aux victimes sous François Hollande, Juliette Méadel, étaient également présents, eux aussi «en tant que simples spectateurs».

«Être Charlie» aux Folies Bergères samedi avait cependant un prix. Participer à toute la journée – ce qui incluait les débats et la «soirée culturelle» – revenait à 45 euros par personne et 25 euros pour les chômeurs et les étudiants. Un coût important relevé par certains spectateurs. «Louer une telle salle et organiser un tel événement demande des moyens importants. Contrairement à ce que nous pouvons entendre, nous ne nous faisons pas de l’argent sur le dos de Charlie», a tenu à souligner devant la salle Amine El-Khatmi, le président du Printemps Républicains.

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