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Axel, 24 ans, de la rue au CDI grâce à un contrat aidé

Il le dit en riant : « C’est une success story. » Axel Vetillard a l’énergie et la force de ceux qui ont souffert mais s’en sont sortis. Quand on le rencontre à Euratech, le temple de la haute technologie lilloise, on ne peut soupçonner son histoire. Ce jeune homme de 24 ans est en CDI dans une start-up, le CITC, un cluster d’internet des objets. Axel est infographiste.

« J’ai un besoin vital de création, au même titre que boire ou manger. Créer des univers, raconter des histoires, j’ai toujours fait ça. »

C’est ce besoin, cette passion qui l’ont tenu debout. Car sa vie a été difficile. « Je vivais dans la Sarthe, j’avais arrêté mes études en seconde. Je me suis retrouvé à la rue à l’âge de 15 ans, pendant trois ans », raconte-t-il assis dans la salle de réunion du CITC. SDF, il rejoint sa compagne à Lille à sa majorité.

« On vivait à Fives chez une vendeuse de sommeil. Quand il pleuvait, ça tombait sur le lit. Nos serviettes n’étaient jamais sèches », détaille-t-il.

« Des créas perso »

Sans aucune formation, Axel n’a jamais arrêté ses « créa persos, des courts métrages, des illustrations ». Et c’est ce qui l’a sauvé. Quand il a 20 ans, la mission locale lui propose un rendez-vous avec le CITC pour un emploi d’avenir d’infographiste. « On a reçu plusieurs CV, des gens qui viennent des quartiers et des gens qui ont connu des parcours plus difficiles. Axel nous a présenté ce qu’il faisait à titre personnel », explique Chekib Gharbi, directeur général du CITC. L’ancien SDF signe son contrat aidé.

« Il y a eu des moments difficiles. Parfois, je me disais que je n’y arriverai pas, que je n’avais pas les compétences requises. Niveau horaire, ça a toujours été compliqué pour moi. »

Axel Vetillard. Il s’accroche, le directeur général parle avec lui. Et après trois ans de contrat d’avenir, l’infographiste est embauché en CDI. « Ce qu’il fait me convient parfaitement. Progressivement, il est monté en gamme en compétences et en boulot. Aujourd’hui, il a même monté une formation en 3D pour les ingénieurs qui travaillent ici », s’enthousiasme Chekib Gharbi.

« Ca m’a fait mûrir »

La vie d’Axel a radicalement changé. « J’habite aux Bois Blancs. Je suis beaucoup moins malade. La transformation s’est faite par échelon » :

« Un job, ça aide à avoir confiance en soi, à être quelqu’un. On a de la reconnaissance sociale. Ca m’a restructuré, ça m’a fait mûrir. Je veux dire merci à la conseillère de la mission locale qui m’a proposé ce contrat d’avenir. » 

Et au DG du CITC qui n’a pas eu d’a priori. Axel Vetillard a réussi. Mais il n’oublie pas par où il est passé. « Le fait d’avoir été dans la rue a été une force. Ca aide à se dire qu’on est capable de certaines choses, ça fait voir la vie différemment ». Son rêve est toujours le même : travailler dans le cinéma ou les jeux vidéos.

Cécile Amar

Cécile Amar

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