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"C'était un prédateur" : le photographe Mario Testino accusé de harcèlement sexuel

De nouvelles révélations de harcèlement sexuel touche le milieu de la mode. Selon un article du « New York Times » publié samedi 13 janvier, le photographe vedette Mario Testino, référence du monde de la mode et prisé des célébrités, fait l’objet d’accusations émanant de pas moins de treize personnes.

Plusieurs mannequins, dont des stars du milieu, ainsi que d’anciens assistants de Mario Testino l’accusent de leur avoir fait des avances, voire d’avoir franchement tenté d’initier un rapport sexuel, mais aucun dit n’avoir cédé.

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« C’était un prédateur sexuel », affirme notamment Ryan Locke, mannequin vedette à la fin des années 1990. Il raconte que lors d’une séance photo, Mario Testino aurait demandé à toute l’équipe de sortir de la pièce pour se retrouver seul avec lui et se serait alors jeté sur lui. « Je suis la fille, tu es le garçon », aurait dit le photographe au mannequin, qui explique l’avoir écarté avant de quitter les lieux.

Un ancien assistant du photographe, Hugo Tillman, dit avoir vécu une expérience similaire, tandis qu’un autre, Roman Barrett, assure que Mario Testino s’est frotté sur sa jambe et s’est masturbé devant lui. « Le harcèlement sexuel était une réalité constante », résume-t-il.

Condé Nast cesse sa collaboration avec le photographe

Péruvien d’origine âgé de 63 ans, Mario Testino a photographié en plus de 40 ans de carrière des dizaines de campagnes publicitaires pour de grandes maisons de mode et vu ses clichés en une des plus prestigieux magazines, notamment « Vogue » à de très nombreuses reprises. C’est lui qui a pris la photo de la joueuse professionnelle de tennis Serena Williams avec son bébé pour la couverture de l’édition de février du magazine, dévoilée cette semaine.

Il a également signé des portraits remarqués de célébrités, notamment la photo officielle des fiançailles du prince William et de Kate Middleton, ainsi qu’une série de clichés de la princesse Diana en 1997, publiées dans le magazine Vanity Fair.

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Dans une déclaration transmise à l’AFP, le directeur général du groupe de presse Condé Nast (Vogue, Vanity Fair et GQ notamment), Bob Sauerberg, et la directrice artistique du groupe, Anna Wintour, se sont dits « interpellés par ces accusations », qu’ils prennent « très au sérieux ». Ils ont pris la décision de ne plus collaborer avec le photographe « jusqu’à nouvel ordre ».

Bruce Weber également mis en cause

Dans le même article, quinze mannequins masculins, encore en activité ou retraités, accusent un autre photographe, Bruce Weber, de harcèlement sexuel. Début décembre, il avait déjà été assigné en justice pour agression sexuelle par le mannequin Jason Boyce.

Outre la décision de ne plus travailler avec Mario Testino ou Bruce Weber, le groupe Condé Nast a annoncé des mesures pour lutter contre le harcèlement sexuel. Elles prévoient notamment que tous les mannequins qui seront pris en photo pour un titre du groupe devront être âgés d’au moins 18 ans et que toute séance impliquant de la nudité, une tenue légère ou des poses suggestives devra voir son contenu approuvé préalablement par le sujet.

Ces révélations apparaissent comme un nouvel épisode de la déferlante qui frappe le monde du divertissement, des médias, de la mode et de la politique depuis les révélations du quotidien new-yorkais sur Harvey Weinstein. En octobre, plusieurs magazines et grandes marques de mode avaient annoncé qu’ils ne travailleraient plus avec le photographe Terry Richardson, connu pour ses photos provocantes et soupçonné, depuis des années, de harceler sexuellement ses mannequins.

(avec AFP)

L'Obs

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