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Cuba: Washington se penche sur la réaction de sa diplomatie face aux "attaques"

WASHINGTON (AFP) – 

L’administration américaine va monter une commission pour examiner la réaction de son département d’Etat face aux mystérieuses attaques contre ses diplomates et leurs familles à Cuba, ont indiqué mardi des responsables à Washington.

La pression est montée ces derniers mois sur le département d’Etat pour qu’il lance une commission chargée de déterminer comment les enquêtes ont été menées sur ces attaques qui ont provoqué des pertes d’audition, des troubles cognitifs et du sommeil chez 24 diplomates en poste à La Havane, et dont l’origine est encore indéterminée.

Les autorités américaines avaient d’abord dénoncé des attaques acoustiques mais certains médias américains avancent désormais que le FBI n’a pas pu établir avec certitude la cause de ces maux.

Comparaissant devant une commission sénatoriale à Washington, des responsables du département d’Etat ont toutefois insisté sur le fait que les indices pointaient toujours vers une attaque.

Ils ont en outre expliqué que le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, avait décidé en décembre de monter cette commission sur la réponse du département d’Etat, et qu’il comptait informer le Congrès de sa composition dans les prochains jours.

« Ce qui est arrivé à ces gens a été provoqué par une technologie sophistiquée qui, franchement, est tellement sophistiquée que nous ne la comprenons pas », a souligné le sénateur républicain d’origine cubaine Marco Rubio, pendant la réunion de la commission des Affaires étrangères.

Compte tenu de son profond réseau de surveillance, La Havane ne peut feindre d’ignorer qui a perpétré ces attaques, ont affirmé aussi bien les responsables du département d’Etat que Marco Rubio.

Le gouvernement cubain « ne le dit pas soit parce qu’elles viennent de groupes indépendants au sein du régime, soit d’un pays tiers », a martelé M. Rubio devant des journalistes.

La Havane rejette toutes ces allégations, accusant les Américains de garder le secret sur certaines informations concernant les victimes qui pourraient permettre une enquête plus complète.

Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, a de son côté juré qu’il protégerait le droit au secret médical de ses diplomates et a prévenu La Havane qu’il la tiendrait pour responsable.

Selon Washington, les premières attaques remontent à novembre 2016, peu après l’élection présidentielle américaine, et les dernières ont été enregistrées en août 2017. En réaction, l’administration américaine a largement réduit sa présence à La Havane et expulsé 17 diplomates cubains qui étaient basés à Washington.

Directeur de services médicaux du département d’Etat et médecin, Charles Rosenfarb a indiqué aux membres de la commission que si la gravité et le type de symptômes des diplomates et de leurs proches étaient divers, tous allaient dans le sens d’un traumatisme cérébral.

Certains se sont depuis remis des symptômes les plus graves, a poursuivi Charles Rosenfarb tout en soulignant qu’il était encore trop tôt pour établir si d’autres allaient souffrir de séquelles permanentes.

« On nous a donné plusieurs descriptions: un son aigu, un son paralysant, une sensation ressemblant à celle ressentie quand on conduit avec la fenêtre ouverte ou une pression intense sur une oreille », a-t-il expliqué.

Le seul précédent dont il a connaissance remonte à l’époque de la Guerre froide, a précisé M. Rosenfarb, lorsque des diplomates américains auraient supposément été blessés par des émetteurs russes envoyant des micro-ondes.

Mais un haut responsable du département d’Etat américain, Francisco Palmieri, a refusé de dire s’il avait interpellé Moscou sur les attaques présumées à Cuba.

« Il y a une longue histoire et des antécédents de harcèlement de diplomates à La Havane », a-t-il affirmé avant de souligner que « de toutes façons, Cuba est responsable car il se devait de garantir la sécurité de tous les diplomates étrangers sur son territoire ».

© 2018 AFP

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