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Drame de Millas : ce que dit l'enquête

L’enquête sur la tragique collision du 14 décembre entre un car et un TER n’a pas encore permis d’établir les causes de l’accident. Nous en révélons les premiers éléments.

C’est un dossier aussi douloureux que perturbant. Le 14 décembre, six collégiens ont été fauchés dans la fleur de l’âge et six autres à jamais marqués dans leur chair après l’effroyable collision entre leur car scolaire et un TER. Il était environ 16h05. Après une journée de classe au collège Christian-Bourquin de Millas (Pyrénées-Orientales), ils retournaient chez eux, dans le village désormais traumatisé de Saint-Féliu-d’Avall. A l’intérieur du car, certains jouaient aux jeux vidéo, d’autres riaient. « L’ambiance était assez calme », se souvient la conductrice, Nadine, dont le rôle est plus que jamais au coeur de l’enquête. Car, près d’un mois après le terrible choc, une question centrale n’a toujours pas été tranchée : la barrière du passage à niveau était-elle ouverte ou fermée ?

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Les premiers éléments de l’enquête dont nous avons pris connaissance semblent faire pencher la balance en faveur de la seconde hypothèse, celle d’une terrifiante étourderie de la conductrice. Des présomptions qui ont conduit les juges d’instruction à mettre en examen pour homicides et blessures involontaires par imprudence cette femme de 47 ans pourtant réputée pour sa méticulosité et son professionnalisme. Et qui assure à longueur d’audition que la voie était libre.

« Brouillage »

Pour quelle raison la conductrice du car, même si elle le nie, aurait-elle franchi la barrière comme l’affirment deux témoins aux premières loges ? Les gendarmes ont exclu l’hypothèse d’un malaise dont aucun rescapé ne fait état. Ils se sont aussi intéressés à un SMS reçu peu avant la collision, mais l’analyse de son appareil indique qu’il n’a pas été lu. Les conditions de visibilité étaient bonnes. « J’ai un grand pare-brise et je vois tout ce qu’il y a devant. Je vois bien la route dégagée », certifie la conductrice qui n’évoque à aucun moment une quelconque panne mécanique. L’instruction, qui ne fait que débuter, devra donc répondre à cette question : le drame est-il la conséquence d’une coupable imprudence ou d’une dramatique défaillance technique ?

« Les témoignages ne seront pas déterminants, assure Me Jean Codognès, l’avocat de la conductrice. On en trouvera toujours certains pour dire que la barrière était levée et d’autres pour dire l’inverse. Ce sont donc les expertises techniques qui fourniront la clé de l’énigme. » Et l’homme de loi d’attaquer bille en tête le premier rapport rédigé par les gendarmes employés par la SNCF. « Comment peuvent-ils affirmer quelques jours seulement après l’accident que tout fonctionnait alors que les pièces étaient censées se trouver sous scellés ? » s’indigne Me Codognès qui dénonce un « brouillage » de la scène de l’accident.

Les proches des jeunes victimes, comme tous les habitants de Saint-Féliu-d’Avall, sont plus que jamais en attente de réponses pour panser leurs plaies. « Mes clients ne veulent pas un coupable à tout prix mais le coupable », confie Me Jehanne Collard qui défend trois familles parties civiles. « Ma cliente est dévastée, explique l’avocat de Nadine. Elle ne sortira pas indemne d’une telle catastrophe. »

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