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Emmanuel Macron représente un risque pour les 2 partis qui essaient de former un gouvernement en Allemagne

Le projet européen d’Emmanuel Macron complique les négociations d’Angela Merkel avec les sociaux-démocrates. REUTERS/John Thys

L’Europe est un sujet important dans les négociations préliminaires entre les deux partis qui pourraient former le prochain gouvernement allemand — la CDU d’Angela Merkel et la SPD de Martin Schulz. 

Pour preuve: le groupe de travail ‘Europe’ est dirigé par Angela Merkel, Martin Schulz et Horst Seehofer, respectivement chefs des partis CDU, SPD et CSU (l’allié de la CDU en Bavière) et principaux artisans d’une éventuelle nouvelle grande coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs outre-Rhin.

Et ce n’est pas un hasard. Si la CDU et la SPD ont beaucoup de désaccords, une chose les unit: toutes deux veulent faire avancer l’Europe.

L’ombre d’Emmanuel Macron

Pendant la campagne électorale, CDU et SPD avaient largement ignoré la question de l’Union européenne. Mais désormais, le scrutin passé, ils pensent pouvoir rêver de nouveau. Le chef de la SPD, Martin Schulz, parle des « Etats-Unis d’Europe » . La chancelière Merkel admet « un nombre important » de points de converge avec les sociaux-démocrates. Mais, en arrière-plan, c’est un autre qui fait pression: le président français Emmanuel Macron.

Macron a présenté ses plans européens il y a des mois. Ils sont ambitieux. Il veut une armée commune, une taxe unique sur les transactions financières et un ministre des Finances européen, avec son propre budget. Macron a donné le ton. Maintenant Merkel et Schulz veulent semble-t-il aller vers lui. Mais cela comporte des risques considérables, avertissent les experts dans leurs échanges avec Business Insider Allemagne.

L’écrivain et historien Klaus-Rüdiger Mai est un Européen convaincu. Mais le discours de Macron ne l’a pas convaincu.  Le président français est « sur la mauvaise voie », a jugé le 54-ans dans le magazine allemand « Cicero ». On n’a pas besoin de plus d’Europe, mais l’Europe a besoin d’un renforcement des régions et des pays, écrit-il. Dans un entretien avec Business Insider en mai, il a dit: « Si de nouvelles institutions lointaines sont créées à Bruxelles, si les impôts des citoyens allemands augmentent et si les fonds sociaux allemands sont européanisés en même temps, l’acceptation de l’UE dans la population allemande diminuera ».

Jusqu’ici, Angela Merkel a manqué de courage

Concrètement, Macron suggère que chaque État membre donne trois à quatre pourcent de sa production économique au ministre européen des Finances. L’Allemagne devrait donc, en l’état, verser au moins 90 milliards d’euros par an. Quelle part de ce montant reviendrait aux citoyens n’est pas claire. Clemens Fuest, responsable de l’Ifo Institute à Munich, s’est prononcé contre cette partie des plans de Macron. Beaucoup dans l’Union sont également sceptiques à ce sujet.

Frank Baasner voit des aspects plus positifs dans les propositions de réforme de Macron. Le directeur de l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg estime qu’un concept européen convaincant pourrait également être bien accueilli par la population allemande.

Mais il a d’autres soucis.

« Au cours des quatre dernières années, le SPD et l’Union [la CDU ndt] n’ont pas réussi à proposer un projet européen majeur », dit-il. Et Baasner redoute que le courage pour faire un grand bond manque une fois encore. « Mais si rien ne se passe », avertit-il, « cela ne fera qu’augmenter le mécontentement de la population ». Autrement dit: à l’avenir, les électeurs pourraient non seulement vouloir sanctionner Macron, mais aussi Merkel et Schulz. Et l’Europe aurait de nouveau à traverser des temps difficiles.

Version originale: Andreas Baumer/Business Insider Deutschland

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Lire aussi :
Comment l’Allemagne a plongé dans la crise politique et pourquoi c’est ‘une mauvaise nouvelle pour l’Europe’

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