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EXCLU – No One Is Innocent et Darcy brûlent Marine Le Pen dans un clip, ils s'en expliquent

POLITIQUE – « Crève crève crève fille de putain, crève ». Dans leur titre « La Marine », dévoilé ce jeudi 6 avril, les groupes de rock français Darcy et No One Is Innocent ne prennent pas du tout (mais alors pas du tout) de gants. 3 minutes 21 de rock percutant décrit par leurs auteurs comme « un nouvel hymne anti Front National« .

Les paroles sont on ne peut plus explicites. Marine Le Pen y est copieusement insultée et les rockeurs n’hésitent pas à convoquer des images (très) violentes: « si elle veut finir dans l’urne il faudra la cramer comme Jeanne D’Arc sur le bûcher ».

Idem côté clip. La séquence se termine par l’immolation de masques de la présidente du FN, entourés de ceux de Poutine et Trump. Un morceaux cash et trash que Kemar (chanteur de No One Is Innocent) et Irvin Tollemer (chanteur de Darcy et compositeur du texte) assument parfaitement.



DARCY

« Faut y aller au marteau »

« Ce texte est fait comme une réaction primaire, qui est la façon de fonctionner de Darcy », explique Irvin Tollemer, qui décrit une « écriture spontanée » qu’il compare à un « coup de poing ». « Quand on cogne, on ne se rend compte de la violence du geste qu’après-coup. Là c’est pareil, mais avec des mots », poursuit-il. Le chanteur du groupe rennais parle de « violence symbolique » devenue « nécessaire » pour évoquer le Front national. « Aujourd’hui, le FN s’est tellement banalisé, normalisé qu’on ne peut plus se permettre d’alerter les gens en les tapotant du bout des doigts. Faut y aller au marteau », justifie-t-il.

Pour le chanteur de « No One », le clip et le titre agissent comme une « thérapie ». « Pour nous, cette violence n’est que la représentation de celle du parti », explique Kemar, routier du rock français pour qui c’est « œil pour œil » avec le parti lepéniste. « ‘La Marine’, c’est le mec devant sa télé qui a ses nerfs qui lâchent en entendant les discours du FN. Le clip libère ça, il permet de lâcher prise », ajoute-t-il.

Une BD à l’origine du titre

C’est après la lecture de la bande-dessinée « La Présidente » de François Durpaire que Irvin Tollemer s’est lancé dans l’écriture. « Quand j’ai terminé la BD, effrayé par son réalisme, je me suis senti mal. Donc l’idée c’était de coucher une réaction à chaud », explique le Breton. Ce dernier a donc contacté Kemar, « car c’est l’un des rares à encore faire preuve d’engagement dans le rock français », assure Irvin Tollemer, en référence notamment au tire « Où étions nous » de No One Is Innocent, portant sur le 21 avril 2002. « Ça correspond parfaitement à notre côté punk et revendicatif, on crédite complètement le projet », renchérit Kemar.

Fallait-il pour autant aller si loin? N’est-ce pas contre-productif de promettre (même symboliquement) le bûcher à Marine Le Pen? « Le but du clip, c’est de re-diaboliser le Front national. C’est pour ça qu’à la fin on utilise le feu, outre la référence à la flamme frontiste. On est dans du grand-guignol, ce sont des masques qu’on brûle. Pas une impression 3D ultra-réaliste de Marine Le Pen », indique le chanteur de Darcy. « En tant qu’artistes, on ne fonctionne pas en prenant en compte la victimisation du Front national. Sinon, on ne dit plus rien », ajoute Kemar.

Dans « la lignée » du rock français

Si en 2017 un titre aussi percutant détonne, il fut un temps où la musique francophone sortait régulièrement des chansons ciblant explicitement le Front national, comme le soulignait Konbini. Des punks des Bérurier Noir au rap des années 2000, le « Front » en prenait souvent pour son grade. Un héritage que revendique aujourd’hui Darcy. « On s’inscrit dans cette lignée du rock français, Noir Désir, Zebda, et No One Is Innocent qui continue aujourd’hui », explique Irvin Tollemer, qui ajoute que les paroles de ‘La Marine » font explicitement références à cette époque, que ce soit côté rock ou côté rap.

Et dans le texte effectivement, les clins d’œil sont nombreux. On retrouve une référence à Noir Désir et son fameux « FN souffrance » dans « Un jour en France », une autre à « Porcherie » des Bérurier Noir ou encore au rappeur Booba (« Marine Le Pen c’est toi la racaille », dans son titre « Panam »).

« Peut-être qu’aujourd’hui, avec la banalisation du Front national, les artistes sont moins enclins à s’approprier le sujet », tente Irvin Tollemer. De son côté, Kemar y voit une conjoncture liée à l’industrie de la musique. « La donne a changé, avec la crise du disque, on n’utilise plus la musique pour dire des choses. Je l’ai vécu, les maisons de disques nous ont demandé de lever le pied. Alors, ça s’organise autrement, c’est un peu plus underground », indique Kemar en citant en exemple le groupe Tagada Jones et, bien évidemment, Darcy.

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