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Face aux inculpations dans l'enquête russe, la rhétorique des "fake news" s'essouffle

WASHINGTON (AFP) – 

Après les poursuites judiciaires engagées contre trois de ses anciens conseillers, Donald Trump ne peut plus prétendre aussi facilement que les soupçons de collusion entre son équipe de campagne et la Russie, lors de son élection en 2016, sont une invention des médias.

Le président américain a réagi mardi, alors que tout Washington retenait son souffle après l’annonce qu’un de ses anciens conseillers en politique étrangère, George Papadopoulos, avait menti à la police fédérale (FBI): « Les +Fake News+ font des heures supplémentaires! ».

Ce tweet est particulièrement représentatif de sa façon de répondre aux attaques: nier et essayer de détourner l’attention. Quand il n’était encore qu’un magnat de l’immobilier, le procédé était déjà le même.

Mais George Papadopoulos a admis avoir rencontré des Russes pour obtenir des informations compromettantes sur Hillary Clinton. Il a plaidé coupable d’avoir menti au FBI sur ces contacts et collabore avec les enquêteurs.

Oublions les complots du Kremlin, rétorque en général le président quand il est interrogé sur ce sujet. Accusant souvent au passage les démocrates de ne pas accepter leur défaite de 2016, les journalistes d’avoir un parti pris et les arcanes de Washington de ralentir son action.

S’il reste évasif dans ses réponses, la Maison Blanche a néanmoins été forcée de passer du déni à l’endiguement.

M. Papadopoulos était un « bénévole », a déclaré lundi la porte-parole de l’exécutif, Sarah Huckabee Sanders, tentant de minimiser son rôle dans l’équipe des conseillers en politique étrangère de Donald Trump.

Ses contacts avec le Kremlin, ou des personnes proches, n’ont pas été autorisés par Donald Trump ni par son équipe, a-t-elle insisté.

– Premier sujet de discussion –

C’est ce que tenteront de déterminer les enquêteurs, qui savent déjà que le fils ainé du président, Donald Trump Jr, a écrit dans une série de courriels qu’il a rendue publique qu’il « adorerait » obtenir auprès des Russes des « informations compromettantes » pour la candidate démocrate Hillary Clinton.

« Pour résumer, M. Trump comptait dans son équipe de campagne au moins une personne, et peut-être deux, qui a travaillé activement avec des gouvernements étrangers antagonistes et a cherché à cacher ce fait aux enquêteurs, ce qui est illégal », ont écrit Susan Hennessey et Benjamin Wittes sur leur blog Lawfare, spécialisé dans les questions de sécurité nationale.

Le procureur spécial Robert Mueller, chargé de l’enquête fédérale en mai après le limogeage surprise du patron du FBI James Comey, a inculpé lundi l’ancien directeur de campagne de M. Trump, Paul Manafort, et son associé Richard Gates. Ils ont plaidé non coupable à douze chefs d’accusation, parmi lesquels complot contre les Etats-Unis, blanchiment, fausses déclarations.

« La publication de ces documents devrait, même si cela ne sera certainement pas le cas, mettre fin aux suggestions selon lesquelles il n’y a eu aucune collusion entre la campagne de Trump et le gouvernement russe », ont ajouté Mme Hennessey et M. Wittes.

Si l’enquête de M. Mueller est laissée libre de suivre son cours, la rhétorique de M. Trump pourrait ne plus suffire pour affronter les réalités politiques et judiciaires.

De hauts responsables de l’administration, qui passent leurs journées à faire de la gestion de crise, ont embauché des avocats, craignant que leurs collègues, actuels ou anciens, ne soient des informateurs pour les enquêteurs.

« Nous espérons que tout cela sera vite conclu », a résumé John Kelly, secrétaire général de la Maison Blanche, lors d’un entretien lundi sur Fox News.

« Cela distrait le président, comme cela le ferait pour chaque citoyen », a-t-il admis, au sujet de l’enquête fédérale sur l’affaire russe dont les rebondissements sont « généralement » la première chose dont les deux hommes parlent le matin, a indiqué M. Kelly.

Rares sont les élus républicains à s’être manifestés pour soutenir –ou critiquer– l’occupant de la Maison Blanche depuis lundi. La cote de popularité du 45e président des Etats-Unis reste en berne à 33%, selon un récent sondage.

Par Andrew BEATTY

© 2017 AFP

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