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François Bayrou, un renfort un peu encombrant

De notre envoyé spécial à Pau

Soutiens, ralliés, renforts… Tout ceux qui rejoignent Emmanuel Macron ne sont pas forcément logés à la même enseigne. Dans le navire En marche!, plusieurs classes cohabitent: la seconde pour les personnalités de faible envergure politique, la première pour les poids un peu plus lourds, la business class pour les «prises de guerre». C’est dans cette dernière que François Bayrou a son siège et où il bénéficie de tous les égards du commandant de bord, Emmanuel Macron. Lequel lui a accordé mercredi une visite dans sa ville de Pau avec déambulation main dans la main et grand meeting national. Le leader d’En marche! lui devait bien ça.

En février dernier, la «proposition d’alliance» de François Bayrou lui avait permis de relancer sa campagne alors qu’il était englué dans les polémiques sur la colonisation, qualifiée de «crime contre l’humanité», et le mariage homosexuel, dont il avait déploré que les opposants aient été «humiliés». Bref, Emmanuel Macron traversait alors un «trou d’air» que le renfort de François Bayrou lui avait alors permis de surmonter. Depuis, le triple candidat à l’élection présidentielle bénéficie d’un statut à part. De tous les leaders politiques ayant apporté leur soutien, le chef du MoDem est le seul à avoir obtenu un accord avec En marche! pour les élections législatives. Au minimum quinze députés, de quoi constituer un groupe à l’Assemblée nationale. François Bayrou apporte aussi son expérience des campagnes présidentielles, il en a perdu trois, et sa connaissance du terrain.

Sauf qu’au fil de la campagne, la présence du leader centriste a fini par devenir un peu problématique. Surtout quand François Fillon a commencé à présenter Emmanuel Macron comme l’héritier de François Hollande. Difficile de convaincre les électeurs de droite de rejoindre Emmanuel Macron avec à ses côtés cette personnalité honnie chez les Républicains depuis 2012 et le soutien alors apporté à François Hollande.

C’est ainsi que François Bayrou et Emmanuel Macron ne se sont affichés qu’une seule fois ensemble, le 17 mars dernier à Reims, à l’occasion d’une courte déambulation dans la ville. C’est ainsi que, mercredi, le leader d’En marche! est arrivé avec une heure et demie de retard à la mairie de Pau, où l’attendait le leader centriste. Emmanuel Macron arrivait de La Mongie, station de ski dans les Pyrénées où il passait ses vacances enfant. Les deux hommes n’ont toutefois pas lésiné sur la poignée de main, longue et chaleureuse, avant d’entamer une petite Marche en direction de la chaîne des Pyrénées. Juste le temps de rejoindre ensuite le Zénith de la ville pour leur meeting commun. Avec, en introduction, un panégyrique d’Emmanuel Macron dressé par François Bayrou. Lequel n’a pas hésité à évoquer, dans la même phrase, Napoléon Bonaparte, Alexandre le Grand, Kennedy, Matteo Renzi et Justin Trudeau pour vanter la jeunesse du candidat. Mais, à Pau, il a surtout été question d’Henri IV. «Vous êtes dans la capitale de la réconciliation des Français, lui a rappelé François Bayrou. La France a besoin de vous pour la rassembler et la construire.» L’occasion pour Emmanuel Macron de s’en prendre à ses adversaires. «Ce qui est en jeu dans cette campagne, ce n’est pas l’alternance, ce n’est pas de passer de gauche à droite (…), c’est de retrouver notre unité car tous les autres candidats en lice ne le pourront pas», a assuré Emmanuel Macron. Un ton moins virulent que la veille, à Besançon, où il s’en était pris à François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. À Pau, avec François Bayrou, retour à une certaine forme de bienveillance, donc, et aux clins d’œil aux électeurs de centre droit qui hésitent toujours à le soutenir.

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