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Huit femmes accusent un ex-leader du MJS de harcèlement et d'agressions sexuelles

Leurs témoignages sont édifiants. Huit femmes, toutes ex-militantes ou ex-cadres du MJS, accusent de harcèlement et agressions sexuelles Thierry Marchal-Beck, l’ancien président du Mouvement des Jeunes socialistes, dans une enquête parue dans « Libération ».

Thierry Marchal-Beck, qui présida le mouvement entre 2011 et 2013, s’est dit « sidéré » auprès du journal et a refusé de se livrer « à un exercice biaisé de questions-réponses ». Il a également précisé se tenir à la disposition de la justice et se réserver « le droit d’engager toute procédure ». 

Les faits sont prescrits dans leur grande majorité, indique la journaliste Laure Bretton, et n’ont fait l’objet, pour l’heure, d’aucun dépôt de plainte. Reste que les témoignages, racontés chronologiquement, sont circonstanciés et que certains des faits ont eu lieu devant témoins. 

« J’ai dû le masturber »

Ainsi, pour Lise*, les faits rapportés remontent à l’hiver 2010. Après un début consenti, la jeune femme assure que la relation bascule dans le harcèlement. Sur des motifs peu évidents, le jeune dirigeant l’aurait convoquée chez lui plutôt qu’au siège du PS. 

« J’ai dû le masturber pour m’en débarrasser. Il disait : ‘Comme tu as dit oui une fois, tu ne peux plus dire non maintenant.' »

En 2011, Aurore entame une relation amoureuse avec Thierry Marchal-Beck. Un soir, alors qu’elle quitte un bureau national du MJS, rue de Solférino, et souhaite rentrer seule dans l’appartement qu’on lui prête, TMB insiste pour la raccompagner. Et la suit finalement jusque dans son immeuble. La jeune femme affirme avoir alors dû lui faire une fellation pour s’en défaire.

« Devant la porte de l’appartement, il me plaque contre le mur, commence à m’embrasser de force », dit-elle à nos confrères. « Je mens et je dis qu’un de mes cousins dort à l’intérieur. Il ne peut plus entrer. Pour ne pas que cela aille plus loin, je me sens obligée de lui faire une fellation. Je veux qu’il s’arrête, que son harcèlement s’arrête. Il part tout de suite après. »

« Dangereux pour les femmes »

A la même époque, Marie assure elle aussi avoir subi les assauts de Thierry Marchal-Beck. Après un « jeu de séduction consenti des deux côtés », la jeune femme veut alors mettre le hola. Mais l’homme aurait continué, notamment en ayant les mains baladeuses. Elle assure aujourd’hui à « Libé » avoir alerté à ce moment-là plusieurs responsables nationaux, leur expliquant que l’homme était « dangereux pour les femmes et l’organisation ».

Autre témoignage, datant de fin 2011 : celui de Diane, jeune cadre provinciale et membre du bureau national. Thierry Marchal-Beck vient d’être élu président du MJS. Alors qu’ils discutent ensemble, l’homme aurait fermé la porte de son bureau, enlevé sa ceinture et ouvert sa braguette. « Il prend ma tête, l’approche de son sexe pour m’obliger à lui faire une fellation. Je le repousse très fort, je l’insulte et je pars en courant », raconte aujourd’hui la jeune femme. 

Louise témoigne, elle, sur des faits remontant au 15 décembre 2012 : à Bruxelles, lors d’une rencontre entre jeunes socialistes venus de toute l’Europe. Dans un bar, Marchal-Beck aurait plaqué ses mains sur les seins de Louise et les aurait malaxés devant plusieurs personnes interdites.

« On ne se connaît pas, il arrive et il me pelote vigoureusement. Avec le recul, je me suis dit que ce qu’il avait fait était totalement dingue, il agissait sans se soucier des témoins. »

Le même jour, une autre femme membre du MJS Paris dit avoir subi le comportement de Marchal-Beck. « Il m’a plaquée dans un coin, passant ses mains sous mon tee-shirt, sur mes seins, mon ventre, mon dos et m’expliquant que j’avais tellement bu que de toute façon je ne me souviendrais de rien le lendemain. » La jeune femme n’a pas porté plainte mais dit avoir raconté les faits aux instances du mouvement. Marchal-Beck en sera informé mais dira n’avoir rien fait, raconte « Libération ».  

Ultime témoignage datant de 2013, lors d’un conseil national du MJS, Vanessa raconte être tombée sur Marchal-Beck alors qu’elle sort des toilettes. Ce dernier aurait alors glissé la main sous sa jupe et dit : « Ah tu porte des bas ». Et d’ajouter : « Oh, et un string ». « Cette phrase reste gravée en moi. Je ne porte plus de bas : chaque fois j’y pense », conclut la jeune femme. 

* Nous reprenons ici les prénoms que « Libération » a modifiés 

L'Obs

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