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L'Assemblée nationale lève l'immunité parlementaire de Marine Le Pen

« La liberté d’expression est morte », s’est offusquée Marine Le Pen. Le bureau de l’Assemblée nationale a décidé mercredi 8 novembre de lever l’immunité parlementaire de la présidente du Front national, a appris l’AFP de source parlementaire. Une décision réclamée par le tribunal de Nanterre dans les Hauts-de-Seine, dans le cadre de l’enquête ouverte pour « diffusion d’images violentes » contre la patronne du Front national et le député FN Gilbert Collard.

En décembre 2015, ils avaient partagé sur Twitter des photos d’exactions du groupe Etat islamique, entendant protester contre le « parallèle ignoble » entre le groupe terroriste et leur parti, dressé selon eux par le journaliste Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et RMC.

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L’une des photos diffusée par Marine Le Pen sur Twitter (la victime a été floutée). (Capture d’écran/Twitter)

Marine Le Pen et les photos de Daech : la polémique en 7 actes

« Une abjection, une abomination »

Le gouvernement avait alors décidé de signaler ces photos à la police.

Ces photos sont celles « de la propagande de Daech et sont à ce titre une abjection, une abomination et une véritable insulte pour toutes les victimes du terrorisme, pour toutes celles et tous ceux qui sont tombés sous le feu et la barbarie de Daech », avait même estimé le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Le bureau de l’Assemblée nationale, plus haute instance collégiale de l’institution composée de 22 députés, ne s’est pas prononcé sur le fond du dossier concernant la présidente du FN, comme habituellement, mais sur le caractère sérieux, loyal et sincère de la demande de la justice.

Cette levée d’immunité doit permettre qu’un « mandat d’amener » soit délivré et que l’élue du Pas-de-Calais se rende aux convocations du juge.

Fin septembre, le bureau avait déjà levé l’immunité de Gilbert Collard. L’élu du Gard a depuis annoncé avoir déposé un recours au tribunal administratif afin de faire annuler la décision, et indiqué qu’il entendait porter plainte contre le président de l’Assemblée François de Rugy.

« Décision de basse politique politicienne »

Marine Le Pen a réagi mercredi auprès de l’AFP, dénonçant une « décision de basse politique politicienne ».

« La liberté d’expression et de dénonciation, qui est consubstantielle au rôle de député, est morte avec cette décision de basse politique politicienne.

Mieux vaut être un djihadiste qui rentre de Syrie qu’une députée qui dénonce les abjections de l’EI. »

D’autres membres du FN ont eux réagi sur Twitter. Louis Aliot, député FN des Pyrénées-Orientales et compagnon de Marine Le Pen, a ainsi dénoncé « un scandale » et « une nouvelle inquiétante pour les libertés et la démocratie ».

Ce n’est pas la première fois que Marine Le Pen voit son immunité parlementaire levée. En mars, celle-ci a été levée par le Parlement européen (elle était alors eurodéputée), déjà dans le cadre de l’enquête sur la diffusion des photos de l’Etat islamique. En juillet 2013 et en juin 2017, le Parlement européen a aussi levé l’immunité de la présidente du Front national dans deux autres affaires.

M.G. (avec AFP)

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