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Le date pourri de Laura : "Je lui demandais pas l'amour éternel, juste un SMS amical"

Cette semaine on vous raconte l’histoire de Laura. Dans l’objet du mail elle disait qu’elle avait été « utilisée comme une poupée gonflable ». Forcément, ça nous a intrigués.

Et comme d’habitude, si vous avez vous-même vécu un date bien moisi ou réussi (mais original), écrivez-nous (rgreusard@rue89.com). Nous nous ferons une joie d’exorciser ou d’immortaliser tout cela dans nos colonnes.

Qui ?

Laura, étudiante, 19 ans, (c’est elle qui raconte)

Jean, chômeur, 21 ans

Avant

J’ai commencé à parler à Jean vers août 2017 par le biais de Tinder. J’y étais pour passer le temps aux toilettes surtout. Quand je m’ennuyais, hop, j’allais y faire un tour. Ça me relaxait.

J’étais et je suis encore célibataire en mode désert, mais ça n’est pas un problème pour moi. Après si il y a quelqu’un qui se présente, je ne dis pas non. Mais je ne suis pas désespérée.

En général, sur Tinder, je papote avec les mecs. C’est très rare que je les rencontre en vrai parce que je suis un peu trouillarde et pas très valeureuse.

Le match

En tombant sur le profil de Jean je me dis qu’il a l’air sympa et aussi qu’il est mignon. C’est pas non plus Brad Pitt, mais il est mignon.

On commence à se parler mais nos conversations ne sont pas très approfondies car son portable bugue souvent. On se dit des trucs comme :

« Qu’est ce tu fais ? »

Ou encore on parle de mon permis. Bref, des trucs vraiment pas passionnants. Il veut qu’on se voit. J’accepte mais au final j’annule à la dernière minute parce que je n’ai pas vraiment la tête à dragouiller… C’est un soir d’été et j’ai un peu la flemme.

Il me relance pour qu’on se rencontre :

« Quand est ce qu’on se voit ni na ni ni na na na ? »

Et puis un jour en octobre je me sens seule, mes amis ont tous des plans. Je me dis :

« Allez prends ton courage à deux mains : au pire ça t’occupera la soirée et au mieux il est sympa et tu passeras une bonne soirée. »

On se donne rendez-vous sur une place pas loin de chez moi. Je tourne dans le vide comme dirait Indila et bam je le trouve un peu paumé sur des escaliers avec ses yeux rivés sur son portable. Il n’est pas moche, il est très mince et très grand. Alors moi qui suis une quasi naine, ça me marque direct.

On va boire une bière et je me sens à l’aise, mais c’est surtout parce qu’il est un peu niais et un peu endormi par toutes les drogues qu’il a pu prendre dans sa vie. Ce n’est pas du tout le genre de gars qui m’intéresse normalement. On parle de sa famille et surtout du fait qu’il plante de la weed chez sa grand-mère ce qui me fait rire. Il commence à sortir un pochon et me propose d’aller se le fumer…

Je veux aller dans un parc, lui me propose d’aller chez moi. Le parc est fermé, alors on va chez moi. C’est mon premier vrai joint. Avant j’ai tiré une latte ou deux mais jamais plus.  

On regarde un film et il commence à me chauffer mais il n’a pas de capote ce qui est rédhibitoire. On sort manger un truc. Il se calme. Puis on retourne chez moi et il retente mais on n’a toujours pas de capote.

On parle vite fait et il y a ce malentendu gênant. Il dit un truc sur mes cheveux (j’ai un gros complexe sur mes cheveux). Je crois qu’il m’insulte. Je lui mets une claque. Il prend un regard ahuri en se touchant la joue.

« Aïe ! Mais qu’est ce que tu fais ? T’es folle ? Pourquoi tu me tapes ? »

Je m’excuse : 

« Pardon, pardon, je croyais que tu me disais un truc méchant… »

Je me sens un peu mal. Je voulais le tapoter mais j’ai mal mesuré ma force… Je lui dis :

« Je suis désolée j’ai pas mesuré ma force. »

Au final, j’ai envie qu’il se barre de chez moi donc je le fous dehors sans excès de galanterie. Je l’embrasse tout de même et je lui envoie un message d’excuses le lendemain. Il veut quand même me revoir et me relance plusieurs fois. J’annule deux ou trois fois parce que je croule sous le boulot de l’université.

En vérité, je ne sais pas si j’ai envie de le revoir. Début novembre, finalement, je le réinvite chez moi. On parle, il me rappelle ce qu’il s’est passé sur mon canapé la dernier fois, il me parle de ses projets, qu’il a pris pas mal de drogues, il me raconte son bad trip enfin rien de fou quoi.

Puis il reçoit un texto ou plutôt une photo et il me la montre c’est une photo de dîner chelou. Des poireaux avec des frites. Et il me dit :

« C’est le repas de ma pote. »

OK. Je trouve ça bizarre que sa pote lui envoie une photo de bouffe…

J’ai envie de lui dire :

« Vous vous envoyez pas des trucs bizarres à tes potes ? »

Mais je me reprends.

« Arrête de faire ta parano Laura, toi aussi t’envoies des trucs chelous à tes potes »

En fait, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille mais je suis naïve et je crois en la bonté de l’homme.

On finit par coucher ensemble. Ça se passe bien : pas de sentiments mais du respect. Bonne déconnade, sympa.  Le lendemain matin je lui offre un café mais je dois me grouiller, j’ai cours à 9h30. Il s’en va et là… Une semaine sans message.

Je ne lui ai pas envoyé de message mais je me dis un peu :

« OK donc t’as tiré ton coup et basta ? Je te demande pas l’amour éternel juste un message amical pour pas me sentir comme une poupée gonflable qui n’est plus bonne à être utilisée. »

Je prends ma fierté et la jette pas la fenêtre en lui envoyant ce message :

« C’était si pourri que ça pour que tu me renvoies pas de message ? »

Là, le mec me sort que « pas du tout » en mode poto. Je me dis bon ça va : on est en bons termes. Sauf qu’un peu plus tard, je traîne sur Insta et là que vois-je ? Le mec vient de poster une photo de sa bien-aimée !

Ni une ni deux, j’envoie un message très peu cordial :

« Conseil d’ami quand y a tes coups d’un soir qui te suivent sur Instagram, évite de poster des photos de ta meuf. »

Là s’ensuit ce dialogue absurde où il tente différentes stratégies.

La première :

« Qui te dit que c’est ma copine ? »

Je rigole.

« Me prends pas pour une conne. »

La seconde :

« Non mais on a une relation compliquée. »

Je ris de nouveau.

« Non, mais je t’aime vraiment bien. »

Il finit enfin par me dire sans gêne :

« Je pensais que tu n’en avais rien à faire de moi et tu as pas demandé aussi, viens on s’explique… »

Après

Voilà voilà comment se termine mon date pourri. Ça m’a dégoûtée parce que j’ai appris que ça faisait bien trois mois qu’il étaient ensemble. C’était ma première histoire pas sentimentale, mon premier coup d’un soir, mais ça m’a vraiment écœurée des aventures à la va-vite.

Mon avis sur les applis

Les site de rencontres, c’est comme une boîte de chocolats. On sait jamais sur quoi on va tomber. Moi, malheureusement, j’ai choisi celui à la liqueur bien dégeu mais qui de prime à bord présente pas trop mal.

Je ne dis pas qu’il y a pas d’histoire qui peuvent naître sur ces applis. Et on peut aussi très bien avoir envie de prendre les gens pour des sextoys, c’est autre chose.

Renée Greusard

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