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Le diabète, cette maladie révélatrice des inégalités sociales

Avec 425 millions de diabétiques, un adulte sur onze serait atteint de cette maladie dans le monde. Un chiffre qui pourrait atteindre 629 millions en 2045, rapporte ce mardi 14 novembre la Fédération internationale du diabète. Cette augmentation s’explique par différents facteurs : le vieillissement de la population, les preuves d’un meilleur dépistage, une espérance de vie plus longue… mais aussi par la progression de l’obésité.

Un Français sur deux est en surpoids

Dans une étude publiée ce mardi, citée par le « Figaro », à l’occasion de la Journée mondiale du diabète, l’agence Santé publique France montre en quoi cette maladie continue de toucher les populations de manière inégalitaire. Ces disparités se distinguent d’abord géographiquement. En France, on constate plus de diabétiques dans la région Hauts-de-France ainsi qu’en Alsace (autour de 6% dans les deux cas) par rapport à la moyenne nationale (5%). Le taux de malades reste également élevé dans certains départements d’Outre-mer, comme la Réunion (10%), la Guadeloupe (9%) ou encore la Guyane (8%).

Des populations touchées par le surpoids

Comment expliquer de tels écarts ? Sans surprise, les régions qui comptent le plus grand nombre de diabétiques sont « celles où l’on trouve plus de populations ayant des difficultés socio-économiques », explique au « Figaro » Agnès Hartemann, cheffe du service de diabétologie de l’hôpital de la Pitié-Salpétrière à Paris.

Ces personnes « sont plus touchées par le surpoids et la sédentarité, favorisant le diabète de type 2 », ajoute-t-elle. Contrairement au diabète de type 1 qui survient chez l’enfant et correspond à une production insuffisante d’insuline, la maladie de type 2 est elle, souvent liée à un excès chronique de sucres et de graisses. Car de fait, le surpoids ou l’obésité favorisent le risque de développer du diabète.

Ces résultats confirment l’une des tendances observées par l’étude Constances en 2016 : le taux d’obésité est inversement proportionnel au niveau-économique. Comprenez, moins vous gagnez, plus votre santé pourrait en être affectée. Comme l’expliquait « Le Monde » en juin, citant le rapport Constances, un peu plus de 30 % des femmes dont le revenu mensuel est inférieur à 450 euros sont obèses. Un taux qui chute à 7 % chez celles qui disposent de plus de 4.200 euros par mois.

Le sucre dans les habitudes alimentaires

Plus on en consomme, plus on en veut : le sucre, ce doux poison

Ces disparités s’expliquent à travers les habitudes alimentaires développées par chaque famille. Ainsi, les enfants vivant dans un cadre plus confortable, avec des parents issus de catégories professionnelles supérieures mangeront plus de légumes (42 % contre seulement 27 % chez les ouvriers), et seront moins nombreux à ­consommer tous les jours des sodas ou des boissons sucrées (8 % chez les enfants de cadres contre 31 % des ­enfants d’ouvriers). D’où le risque moins élevé pour eux de contracter la maladie. 

Enfin, autre preuve (s’il en fallait encore une) que les plus défavorisés restent davantage touchés par le diabète : on dénombre deux fois plus de diabétiques (3,6%) parmi les personnes bénéficiant de la couverture de maladie universelle complémentaire (protection de santé gratuite sous conditions de ressources) que parmi ceux qui ne l’ont pas (1,7%). 

M.C.

Marie Campistron

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