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Les armées remontées contre Macron : la polémique en 4 actes

La volonté du gouvernement de geler 850 millions d’euros de dépenses militaires ne passe pas. Depuis cette annonce, le président Emmanuel Macron s’attire les foudres de l’armée, et plus particulièrement du chef d’état-major Pierre de Villiers qui, dans un langage fleuri, a violemment protesté contre cet effort financier. Une sortie que le chef d’Etat n’a pas manqué de commenter, en rappelant à l’ordre le général. Depuis ce recadrage a jeté un froid et pose même la question du maintien ou non de Pierre de Villiers qui, à 61 ans, vient tout juste d’être reconduit dans ses fonctions pour une dernière année. Retour sur la polémique.

# Acte 1 : un budget raboté pour la Défense

Point de départ de la polémique : le rabotage du budget de la Défense. Le ministre des Comptes publics Gérard Darmanin ouvre les hostilités mardi 11 juillet, en proposant de réduire de 850 millions d’euros le budget de la défense pour l’année 2017. Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a beau tenter de calmer le jeu en assurant jeudi dernier sur BFMTV que ce budget « augmentera[it] fortement pendant la mandature », il n’empêche, la mesure passe mal. D’autant plus, à la veille du 14-Juillet et du traditionnel défilé militaire devant le chef de l’Etat. 

Le budget des Armées est-il vraiment menacé par le gouvernement ?

# Acte 2 : la grogne de Pierre de Villiers

Le chef d’état-major, Pierre de Villiers met de l’huile sur le feu en émettant mercredi 12 juillet de sérieuses critiques concernant ces 850 millions d’euros d’économies. Dans un registre plutôt fleuri, le général, tout juste prolongé dans ses fonctions pour un an, condamne ces coupes budgétaires et va jusqu’à mettre sa démission dans la balance. « Ce grand écart n’est plus tenable », lance-t-il dans une tribune publiée jeudi soir sur le site du « Figaro« .

Acte 3 : le recadrage de Macron

 « Je considère qu’il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique », rétorque Emmanuel Macron jeudi en fin de journée, lors du traditionnel discours d’avant 14-Juillet, au ministère des Armées. Un acte d’autorité, mais surtout un recadrage en règle de la part du chef de l’Etat. « Je suis votre chef », ajoute-t-il, réaffirmant son intention d’augmenter « dès 2018 » le budget de la défense. « Les engagements que je prends devant nos concitoyens et devant les armées, je sais les tenir et je n’ai à cet égard besoin de nulle pression et de nul commentaire », renchérit le président à l’adresse de Pierre de Villiers, sans le nommer expressément.

Dans la soirée du 14 juillet, Pierre de Villiers publie une tribune sur Facebook, intitulée « Confiance ». Sans nommer non plus Emmanuel Macron, il semble pourtant lui répondre. « Méfiez-vous de la confiance aveugle ; qu’on vous l’accorde ou que vous l’accordiez […] Parce que tout le monde a ses insuffisances, personne ne mérite d’être aveuglément suivi. La confiance est une vertu vivante. Elle a besoin de gages », écrit notamment le chef d’état-major des armées.

Acte 4 : le général reçu vendredi par Macron

Au sommet de l’Etat, le président ne décolère pas. « La République ne marche pas comme cela. Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état-major des armées change », confie-t-il au « Journal du Dimanche » du 16 juillet. Dans le même temps, est annoncé sur l’agenda présidentiel que le général Pierre de Villiers sera reçu vendredi 21 juillet à 18 heures. Mais aucune précision n’est donnée sur l’objet de la rencontre.

« Ils vont se voir, ils vont échanger. Ils vont prendre une décision ensemble. Emmanuel Macron lui a confirmé sa confiance en le prorogeant dans ses fonctions. Il faut qu’ils discutent, ils vont le faire », déclare Christophe Castaner sur France Info, ce lundi matin. « Je pense qu’un militaire sait que le rappel à l’ordre est nécessaire dans le management entre deux hommes », ajoute le porte-parole du gouvernement. Vers un apaisement du conflit ou une démission ? Réponse vendredi.

M. C. et P. V.

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