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"L'esprit originel s'est égaré en route" : des frondeurs chez LREM ?

« Demandez à votre député et aux membres du conseil de faire le minimum syndical pour la démocratie au sein de LREM… Même si la liste #AvecCasta a déjà gagné… Pas de vote à main levée ! »

C’est la nouvelle bataille des « frondeurs » de la macronie : obtenir que l’élection du bureau exécutif, ce samedi 18 novembre, lors du congrès du parti présidentiel, prévu à Lyon, se fasse à bulletin secret. Si un quart du collège électoral le réclame et s’il est approuvé par la majorité du conseil, le scrutin sera obligatoirement modifié. La bataille est donc lancée.

La revendication tourne en boucle sur la page Facebook de « la Démocratie en marche », le collectif fondé début juillet par une trentaine d’adhérents et qui n’en est pas à son premier fait d’armes. Le groupe de « marcheurs » déçus avait déjà saisi cet été le tribunal de grande instance de Créteil pour demander l’annulation du vote des statuts de La République en Marche et avait finalement obtenu un allongement de la durée de consultation.

Un congrès pour rien ? La République en Marche, mais à tâtons

Vent de révolte chez les « marcheurs » ? Une centaine d’entre eux, en guerre contre le manque de démocratie, vont quitter le mouvement vendredi, à la veille du congrès de LREM. Avec, parmi eux, de simples adhérents, mais aussi des élus, des responsables de comités locaux et des référents, comme Emmanuel Drouin, élu municipal de Segré, en Maine-et-Loire, et la Finistérienne Tiphaine Beaulieu, leader des « Marcheurs en colère », devenu « la Confédération des marcheurs de la République ».

Le poids de la déception

Au sein du parti, comme à l’Assemblée nationale, les critiques se font de plus en plus nombreuses. Et la liste des récriminations s’allonge : des investitures aux législatives considérées comme non conformes, pour des dizaines d’entre elles, à la philosophie du mouvement, une direction du parti qui relèverait du fait du prince, des projets gouvernementaux qui ont du mal à passer, la baisse des APL, la réforme de l’ISF, les onze vaccins obligatoires… Le vote de la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme a même atteint le « record » de quatre absentions parmi les « marcheurs ».

Ce que les marcheurs râleurs reprochent à leur parti

Paul Molac, 55 ans, élu dans le Morbihan, fait partie des quatre abstentionnistes. Il a aussi critiqué les coupes dans les emplois aidés, a signé la pétition dans « le Monde » contre le glyphosate, et s’est opposé à la réforme de l’ISF. Il raconte :

« ‘Faut quand même pas que vous fassiez comme les frondeurs !’ Voilà ce que j’entends sur les bancs de l’Assemblée. Le traumatisme est toujours vif chez les députés LREM. Mais cela évolue, on discute davantage entre nous, on refuse de plus en plus de cacher les problèmes, les amendements sont moins rares. »

Les frondeurs, les courants, les baronnies locales… Autant d’épouvantails – jugés responsables du déclin des partis classiques – pour l’état-major des « marcheurs ». A la mi-août, les statuts avaient été approuvés avec 90% des suffrages. Mais seulement un tiers des adhérents de plus de trois mois avaient pris la peine de voter et les partisans du non avaient été près de 7.000, un score non négligeable. La première convention de LREM va être l’occasion de mesurer à nouveau le poids des déçus.

Une liste dissidente

La nomination de Christophe Castaner, actuel porte-parole du gouvernement et seul candidat au poste de délégué général, ne fait bien-sûr aucun doute. Mais le test du vote à bulletin secret et surtout le score de la liste n°3, « Territoires, en Marche ! », sont attendus avec inquiétude par les dirigeants de LREM. Cette liste, qui présente neuf députés et huit référents sur vingt candidats, vient concurrencer directement celle de Christophe Castaner pour l’élection du bureau exécutif.

Direction de LREM : Christophe Castaner, « premier de corvée » de la macronie

« Notre liste Territoires, en Marche ! porte l’ambition d’une diversité réelle et durable dans nos instances, parfois perçues comme trop parisiennes, trop verticales, ou pas assez représentatives de la diversité des âges et des origines socio-professionnelles », annoncent les « marcheurs » dissidents sur le site internet de La République en Marche. Va-t-on assister à la naissance d’un courant au sein de l’apparente uniformité du parti présidentiel ? Selon Joachim Son-Forget, 34 ans, député de la sixième circonscription des Français de l’étranger et membre de la liste dissidente :

« En Marche ! a besoin de plus de démocratie participative. L’esprit originel s’est égaré en route. Nous sommes nombreux à réclamer un vote à bulletin secret pour le bureau exécutif. Même Laurent Wauquiez en est partisan pour Les Républicains. Ce serait bien que le parti du XXIe siècle s’y mette aussi, non ?« 

Nathalie Funès

Nathalie Funes

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