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Médicaments : ceux qu’il ne faut pas donner aux enfants.

Pour le magazine Que Choisir, le mieux est l’ennemi du bien. Le mensuel vient de publier sa « liste noire » des médicaments pour enfants qu’il vaut mieux éviter. Selon certaines études, nous aurions en effet un recours excessif aux traitements médicamenteux afin de traiter les pathologies bénignes des enfants.

Administrer un médicament à un enfant n’est pas un geste anodin.” C’est par cette accroche que le magazine Que Choisir entame son article consacré aux médicaments pour enfants. Pour soulager les maux des plus petits, nous aurions tendance à nous tourner trop souvent vers des médicaments jugés « inutiles » voire « dangereux ».

En 2005, une enquête de la caisse primaire d’assurance maladie de l’Aude affirmait « qu’un enfant sur dix de moins de 15 ans s’était vu prescrire un médicament contre-indiqué pour son âge« . Des traitements légers, tout aussi efficaces sur ces maladies, existent pourtant.

Pour aider à la prise de conscience, voici les alternatives que recommande Que Choisir afin de soigner les maux courants des enfants :

L’eau salée, meilleure amie du rhume

Les rhumes surgissent souvent après 6 mois et sont la plupart du temps bénins. Que Choisir vous conseille de bannir les sprays antiseptiques ou décongestionnants pour le nez contre-indiqués aux enfants de moins de 15 ans. Cela vaut également pour les suppositoires combinant un antiallergique et du paracétamol, et les inhalations à base d’huiles essentielles qui peuvent entraîner un risque de convulsions.

Privilégiez le sérum physiologique en dosettes ou l’eau salée en spray, à utiliser plusieurs fois par jour sur l’enfant afin de déboucher son nez et d’éviter une toux.

La toux, traiter seulement la cause

Pour apaiser une toux bénigne (qui n’est accompagnée ni d’une fièvre persistante, ni d’une difficulté à respirer, ni d’une allergie), Que Choisir vous conseille de vous focaliser uniquement sur la cause : « La totalité des sirops, suppositoires ou poudres qui prétendent supprimer la toux sèche ou grasse n’ont pas d’utilité prouvée et présentent des effets indésirables. » Ces médicaments sont d’ailleurs tous contre-indiqués chez les moins de 2 ans, bien qu’ils soient en vente libre.

Désobstruez le nez en privilégiant le sérum physiologique ou l’eau de mer stérile afin de traiter l’écoulement des glaires du rhume dans la gorge.

La fièvre, un ennemi pas forcément à abattre

Que Choisir explique : « Elle fait peur, mais si le bébé ou l’enfant la supporte bien, il n’est pas forcément utile de la traiter. »

Évitez l’ibuprofène (Advilmed, Nurofenpro) sans avis médical. Le médecin et pédiatre Christophe Delacourt explique : « Lorsque la maladie est provoquée par une bactérie et pas un virus, l’ibuprofène peut aggraver l’infection. »

Privilégiez le paracétamol en respectant les quantités prescrites (Doliprane, Dafalgan pédiatrique…) en cas de fièvre qui affecterait l’état général, car il a peu d’effets secondaires. En cas de fièvre très forte qui persisterait au-delà de 48 heures ou si celle-ci est accompagnée d’autres symptômes suggérant une infection bactérienne, mieux vaut vous rapprocher du pédiatre de votre enfant.

Contre les douleurs, priorité au paracétamol

Qu’il s’agisse de douleurs aux oreilles, aux dents, de mal de tête ou de gorge, le paracétamol sera votre meilleur allié.

L’ibuprofène est efficace en cas de douleurs plus intenses et de traumatismes, mais toujours sur avis médical car il comporte des contre-indications.

La réhydratation contre la diarrhée

Chez l’enfant de moins de deux ans, il faut avant tout prendre en charge la diarrhée aiguë en prévenant la déshydratation à l’aide de solutions de réhydratation orale (SRO) à toujours avoir dans la pharmacie familiale.

Certains médicaments « antidiarrhée » sont en revanche déconseillés : l’Imodium enfant présente un risque de ralentissement de la motricité intestinale chez l’enfant à partir de 2 ans, il peut bloquer le transit et provoquer des syndromes pseudo-occlusifs. Il expose également à des somnolences gênant la réhydratation.

Les antiseptiques intestinaux (panfurex, nifuroxazide) sont également à éviter. Prescrits sur ordonnance aux enfants de plus de 2 ans, ils sont inefficaces sur la diarrhée aiguë voire même potentiellement toxiques pour l’enfant (troubles allergiques, effets indésirables cutanés graves…).

Pour finir, les AINS (Advilmed et Nurofenpro), en vente libre pour le nourrisson dès trois mois et souvent utilisés en cas de douleur ou de fièvre, sont contre-indiqués en cas de déshydratation. Ces médicaments risquent de provoquer une insuffisance rénale chez l’enfant déshydraté.

Contre les régurgitations, mieux vaut rassurer que surtraiter

Les reflux ont beau être courants et bénins, ils sont pénibles pour le nourrisson et engendrent souvent des pleurs. Pour Que Choisir, cela ne justifie toutefois pas de se tourner vers un traitement médicamenteux. Des mesures hygiéno-diététiques simples, telles que l’épaississement de l’alimentaiton ou le fractionnement des repas chez les bébés au gros appétit, suffisent la plupart du temps.

Pensez à éliminer de votre armoire à pharmacie les médicaments pour enfants à base de dompéridone (Motilium, Peridys, Oroperidys et leurs génériques) qui présentent des effets indésirables graves et sont en cours de suppression du marché (pour le Peridys et l’Oroperidys, mais pas le Motilium).

L’article complet du magazine Que Choisir dédié aux médicaments pour enfants est à retrouver en kiosque.

Lire aussi : « Un rhume non soigné dure 7 jours, soigné il dure une semaine » : le message génial d’un médecin.

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