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"Moi je suis un homme simple" : quand Johnny évoquait l'hommage national

La France va rendre ce samedi 9 décembre un « hommage populaire » au chanteur Johnny Hallyday décédé mercredi. Le convoi funéraire de celui que le président a qualifié de « héros français » descendra les Champs-Elysées de l’Arc de Triomphe à la Concorde avant un « office religieux » à la Madeleine, a annoncé l’Elysée.

Un événement exceptionnel d’une ampleur inédite pour un artiste. Si bien que l’ambitieux programme aurait pu déplaire au rocker lui-même. C’est ce qu’affirme un article de « 20 Minutes », qui évoque le coma du chanteur en 2009 et une interview accordée à France 3 en 2006. Deux éléments qui suffisent à prouver que l’hommage organisé par l’Elysée va contre la volonté du défunt ? Pas sûr. 

« Furieux » de l’hommage pensé par Sarkozy ? 

Tandis que Johnny Hallyday est plongé dans le coma en 2009, à la suite des complications d’une hernie discale, Nicolas Sarkozy, alors président, aurait réuni « son conseil de ministres restreint en disant qu’il fallait lui rendre un hommage national », affirme le journaliste François Jouffa dans une interview accordée à BFM TV. Une réunion qui serait revenue aux oreilles du chanteur à son réveil et dont l’objet l’aurait rendu « furieux ». Au point de se « fâcher presque pour toujours avec Nicolas Sarkozy », toujours selon le journaliste dont les propos ont été récemment repris par « 20 Minutes »

L’idée d’un hommage national aurait donc mis le chanteur en rogne à ce point ? Non, rectifie l’historien des années 1960 et co-auteur de « Histoire du rock » (Ed.Tallandier), cité dans l’article. Contacté par « l’Obs », il explique : 

« Quand je raconte sur BFM TV que Johnny était furieux, ce n’était pas du tout parce qu’il ne voulait pas d’hommage national ou populaire. Ce qui avait blessé Johnny en 2009, c’était qu’on l’enterre avant qu’il ne soit mort ! Il s’était dit en se réveillant de son coma : ‘Ca y est, ils m’ont déjà enterré alors que je suis encore vivant. »

Pour ce qui est de l’hommage populaire « il aurait été très content », estime François Jouffa qui souligne tout de même qu’il est « toujours difficile de parler à la place d’un mort ».

Une lecture de l’anecdote qui semble aussi plus probable qu’une autre à Jean-François Chenu, biographe de Johnny Hallyday : 

« Il aimait tout ce qui est grand. L’hommage qui est prévu est à la dimension du personnage. Je pense que ça ne lui aurait pas du tout déplu, bien au contraire même. »

« Moi je suis un homme simple… »

En 2006, pour les besoins de la promotion du film « Jean-Philippe », où il joue le rôle de Johnny qui ne serait pas devenu une star, le chanteur est interviewé sur France 3. Au journaliste qui lui demande ce qu’il penserait d’un hommage national post-mortem en son honneur, le chanteur répond

« J’en pense pas grand chose. Je pense que ce n’est pas terrible […] Je ne suis pas une star absolue. Moi je suis un homme simple… »

Le chanteur parle ensuite du bonheur d’être père et du sens que sa fille Jade, 18 mois à l’époque, donne à sa vie. « Le reste je m’en fous », conclut Johnny. 

« Oui, il dit que ‘ce n’est pas terrible’, mais c’est parce que c’était un timide », décrypte François Jouffa qui l’a côtoyé pendant de nombreuses années. Avant d’ajouter : 

« Johnny, il ne roulait pas des mécaniques comme certains chanteurs. Il était délicat et gentil. Cette réponse faite au journaliste de France 3, c’est de la pudeur. »

Une analyse que partage Daniel Angeli, photographe officiel et ami de Johnny Hallyday pendant des années : 

« Difficile de savoir ce qu’il aurait voulu. Surtout que je ne le voyais plus depuis 2013. Mais pour l’avoir connu et photographié pendant 17 ans, je peux vous dire que c’était un très grand timide. » 

« Jésus Christ est un hippie »

Le convoi funéraire du rocker descendra les Champs-Elysées, de l’Arc de Triomphe à la Concorde, devant un parterre de fans endeuillés, avant d’arriver à la Madeleine pour un « office religieux », a annoncé l’Elysée. 

Un programme qui aurait plu au chanteur ? 

« Pour les Champs-Elysées, c’est sûr que oui. Surtout qu’il aurait dû s’y produire sur une scène mouvante fixée sur des railles en 2000. Mais pour des raisons pratiques, il s’était finalement produit devant au Champ de mars », se souvient le biographe.

D’ailleurs, assure François Jouffa, le déroulé de l’hommage populaire n’est pas différent de celui pensé par Nicolas Sarkozy en 2009. En revanche, pour ce qui est de la cérémonie religieuse… « pas sûr », s’amuse le journaliste : 

« Je n’ai jamais entendu Johnny parler religion, si ce n’est pour dire que Jésus Christ est un hippie. »

Barbara Krief

Barbara Krief

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