Accueil | Actualité | Paradis fiscaux : États et ONG réagissent à la liste noire de l'Union européenne

Paradis fiscaux : États et ONG réagissent à la liste noire de l'Union européenne

Cette liste, qui contient les noms de 17 pays, dont aucun membre de l’Union européenne, a provoqué la colère des États mis en cause lors de sa publication le 5 décembre. De leur côté, les ONG dénoncent une liste «hypocrite».

C’est un document qui provoque beaucoup de réactions depuis sa publication. Les ministres des Finances des 28 États membres de l’Union européenne ont adopté, mardi 5 décembre, une liste noire regroupant les noms de 17 pays dans le monde que les institutions européennes considèrent comme des paradis fiscaux. Figurent sur cette liste: les îles Samoa, les Samoa américaines, Bahreïn, la Barbade, Grenade, Guam, la Corée du Sud, Macao, les îles Marshall, la Mongolie, la Namibie, Palaos, le Panama, Sainte Lucie, Trinité-et-Tobago, la Tunisie, et enfin les Émirats Arabes Unis.

Indignation des pays «blacklistés»

Les Émirats ont déclaré être «surpris et déçus», tandis qu’en Tunisie le ministère des Affaires étrangères a fait part de «sa surprise et [de] son mécontentement» et réclamé une «révision de cette classification dans les plus brefs délais». «La Tunisie est sur la liste noire parce qu’elle a pris des engagements trop tardifs et incomplets, mais personne n’a envie qu’elle y reste», a déclaré, ce jeudi matin, Pierre Moscovici, Commissaire européen aux Affaires économiques et financières, à la Fiscalité et à l’Union douanière.

En Amérique centrale, le Panama, dans le collimateur des institutions européennes depuis le scandale planétaire des «Panama Papers», a réagi par la voix de son ministre de l’Économie, Dulcidio De La Guardia, qui a dit «rejeter l’inscription arbitraire et discriminatoire du Panama sur la liste des paradis fiscaux de l’Union européenne».

Côté asiatique, Macao a jugé la décision «partiale» et ne reflétant «pas la véritable situation» du pays. «Les autorités ont activement coopéré avec la communauté internationale», peut-on lire dans un communiqué du gouvernement. De son côté, la Corée du Sud a dénoncé une décision qui va «à l’encontre de standards internationaux» et qui pourrait «porter atteinte à la souveraineté fiscale». Séoul se défend en soulignant que le pays «a établi des systèmes efficaces pour échanger des renseignements fiscaux» dans le cadre de traités signés avec des pays étrangers.

Deux pays ont évoqué des problèmes de communication: la Mongolie et la Namibie. «Nous sommes sur la liste seulement parce qu’il est difficile d’obtenir des informations et données fiscales» sur les comptes bancaires en Mongolie, a indiqué à l’AFP le ministre des Finances, Khurelbaatar Chimed. La Namibie s’est plainte, quant à elle, d’une décision «injuste et discriminatoire» de l’Union européenne.

» LIRE AUSSI – Fraude fiscale: 50 États échangent désormais automatiquement des données

Une liste qui ne satisfait pas les ONG

Pour Oxfam, qui lutte contre la pauvreté, la liste noire de l’Union européenne apparaît comme très incomplète. Selon les critères de l’ONG, 35 pays devraient y figurer. Surtout, Oxfam s’étonne qu’aucun pays européen ne fasse partie de la liste: «Qui peut croire que l’Irlande, le Luxembourg ou les Pays-Bas ne soient pas considérés comme des paradis fiscaux alors que ces pays sont régulièrement mis en cause par les scandales d’évasion fiscale? Il est temps d’arrêter l’hypocrisie: il faudrait déjà que l’Union européenne balaie devant sa porte et reconnaisse qu’il existe des paradis fiscaux au cœur même de l’Union européenne».

Le son de cloche est le même du côté de l’ONG Attac, selon laquelle «L’Union européenne fait semblant de lutter contre l’évasion fiscale», et qui appelle à créer «un vaste mouvement citoyen pour la justice fiscale». L’eurodéputée verte Eva Joly a elle aussi réagi: «Cette liste est une occasion manquée. Pour être efficace, elle doit être surtout accompagnée de sanctions. Il est incompréhensible que cela ne soit pas le cas.»

Lire l'article depuis la source

x

Check Also

Avec Le Comte Ory de Rossini, la salle Favart se met à l'humour grivois

L’ultime chef-d’œuvre comique de Rossini dans une mise en scène de Denis Podalydès. Impayable Rossini! Le plus italien des compositeurs ...

Partages