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Pitti Uomo: le défilé inédit d'Undercover et The Soloist

Illustrant les rencontres fructueuses qui s’opèrent au Pitti Uomo, les designers japonais Jun Takahashi et Takahiro Miyashita ont fait podium commun à Florence.

Envoyé spécial à Florence

Jeudi dernier, à Florence, Jun Takahashi et Takahiro Miyashita, respectivement stylistes des labels japonais Undercover et The Soloist, se sont prêtés à un exercice inédit pour des designers établis: s’accorder sur une inspiration de départ et livrer deux collections bien distinctes, présentées au cours d’un seul défilé sans que l’une ne prenne le pas sur l’autre. Le thème «Order/Disorder» questionne le jour et la nuit, le passé et le futur ou l’avant et l’après d’un événement qui aurait changé le monde et, par extension, poussé les hommes à évoluer dans leur façon de se vêtir…

Alors que la profession est plutôt habituée aux rivalités de marques qui n’hésitent pas à orchestrer des présentations en simultanée dans des lieux diamétralement opposés (y compris au sein d’un même groupe financier), l’idée de ce podium commun paraît fort rafraîchissante et revient au salon Pitti Uomo dont les deux Nippons étaient les invités d’honneur de cette 93e édition. Si, dans la sphère privée, les deux hommes se limite à un même cercle d’amis à Tokyo, ils partagent, sur le plan professionnel, un jusqu’au-boutisme créatif apparu sur les shows parisiens dans les années 2000. À l’époque, la ligne radicale de Takahiro Miyashita était griffée Number Nine. Celle de Jun Takahashi comptait surtout des modèles femme chargés en références.

L’odyssée de la mode

Undercover.
Undercover. Undercover

L’automne-hiver 2018-2019 d’Undercover sème d’emblée un trouble entre masculin et féminin. Les mannequins sont habillés de longs kilts frôlant le sol, contrebalancés par des hauts plus virils – mailles, blousons, parkas et doudounes aux volumes musclés, rehaussés d’écussons, de galons ou d’inscriptions. Des imprimés hommage à 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick se font de plus en plus flagrants. «Warning», «Human Error» ou «Computer Malfunction» apparaissent sur des trenchs façon habits de protection. En bandoulière, des besaces comme des capteurs d’ondes. À l’annulaire, des bagues surmontées de LED… Les derniers garçons avancent à la manière d’automates, calfeutrés dans des habits de cosmonautes. Métaphore du monde actuel de plus en plus virtuel?

À l’autre bout de l’interminable podium, les silhouettes de The Soloist prennent déjà le relais. Palette de couleurs plus sombre, coupes moins sportswear, Takahiro Miyashita crée dans le détail, à l’envers comme à l’endroit. Des sangles, des zips, des coulisses participent à l’allure graphique de ses looks puzzle qui s’allègent et se découvrent à mesure du show.

Chacun dans son style, les deux designers soulignent leur attachement à mettre au point de vrais vêtements. Ces démarches font écho à celle du salon de Florence qui, sur quatre jours, a rassemblé quelque 1250 marques aux origines et styles pour le moins variés et, côté événementiel, mis autant en avant le défilé du 200e anniversaire de la vénérable griffe américaine Brooks Brothers que la première collection sous forme de présentation-performance du magazine 032c qui se lance dans les vêtements.

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