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Pour Anne Golon, l'Angélique de Michèle Mercier était «simpliste»

«Pour les scénaristes d’alors, mon héroïne était une petite putain…» La romancière Anne Golon, qui vient de nous quitter à l’âge de 95 ans, n’avait pas du tout aimé la première adaptation de «son Angélique» par Bernard Borderie. C’était un paradoxe, car la ferveur du grand public, d’abord dans les salles de cinéma au milieu des années soixante puis, lors des innombrables rediffusions télévisées au cours des décennies suivantes, hissera la composition de Michèle Mercier dans le rôle de la Marquise des anges au rang d’œuvre culte.

L’auteur des aventures d’Angélique de Sancé de Monteloup pensait que les scénaristes de la première mouture cinématographique n’avaient voulu que refaire un énième film de cape et d’épée, en vogue à l’époque. En 1991, dans France Soir, elle avait fait part de toute son amertume: «Les films de Borderie à l’époque, basés sur le succès des sept premiers livres se voulaient distrayants. L’adaptation était réductrice et simpliste. Les scénaristes ont fait se suivre au cinéma des scènes qui se trouvaient dans différents romans. Par exemple Angélique au cinéma retrouve Joffrey (de Peyrac) sans arrêt. Ce qui fait perdre leur valeur aux retrouvailles du couple, beaucoup plus tardive dans les romans.»

Anne Golon s’identifiait à Angélique

Personne à l’époque ne s’était permis de contredire la vision de la romancière, qui, il faut le dire, avait fini par se confondre avec son personnage. Car, à l’opposé de ce qu’elle pensait des premiers films, dans les cinq premières adaptations le fil rouge des histoires de la comtesse de Peyrac était précisément la recherche éperdue de ce mari insaisissable, balafré et boiteux, qui errait sur son Rescator de bateau aux quatre coins de la Méditerranée pour échapper à la jalousie du roi Louis XIV, en personne…

Anne Golon aura toute sa vie beaucoup de mal avec les relectures des aventures d’Angélique. Au début des années 90, elle confia à Serge Moati la délicate tâche d’adapter sa saga en série télévisée. L’affaire fit long feu. Quant au film en 2013 d’Ariel Zeitoun avec Gérard Lanvin et Nora Arnezeder, ce fut tout simplement l’un des plus grands bides de cette année-là. L’Angélique d’Anne Golon restait décidément indomptable.

 Angélique, Marquise des anges de Bernard Borderie en 1964, d’après Anne et Serge Golon, avec Michèle Mercier, Robert Hossein, Jean Rochefort, Giuliano Gemma, Jacques Toja, Claude Giraud…

● Le remake 2013 d’Angélique Marquise des Anges d’Ariel Zeitoun, d’après Anne et Serge Golon, avec Nora Arnezeder, Gérard Lanvin, Tomer Sisley…

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