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Pourquoi je suis contre l'interdiction de la fessée

A ceux qui sont sur le point d’appeler les services sociaux, je tiens à vous rassurer dès à présent. Je ne suis pas pour donner des fessées aux enfants et je m’y oppose même fermement! Comme probablement la plupart d’entre vous je préfère opter pour une éducation bienveillante autant que faire ce peut.

Je suis donc contre les fessées. Bien, soit, mais alors?

Alors, je suis aussi tout simplement contre son interdiction au travers de la loi.

Je me rends bien compte qu’il s’agit d’un débat très sensible et je vous invite à aller au bout de cet article avant de me juger. J’espère aussi que vous ne renoncerez pas à venir sur ce blog à cause de cet article. Ce serait dommage de ne plus vous croiser par ici pour un vieux débat déjà enterré par le Conseil constitutionnel en janvier dernier. 😉

Voici donc mon cheminement.

Pourquoi je suis contre l’inscription de l’interdiction de la fessée dans la loi?

Je remue un débat déjà bien enterré depuis plusieurs mois. En fait le sujet est revenu sur la table lors d’un repas de famille. Evidemment, et comme souvent dans ces repas, différentes générations étaient présentes avec des opinions plus ou moins divergentes.

Pas facile d’être contre les fessées pour une génération qui en a données moins qu’elle n’en a elle-même reçu de la génération précédente (on note tout de même qu’il y a du mieux^^).

Une de mes sœurs avait aperçu un enfant en recevoir une dans un bus (sans réaction des personnes autour…).

Bref, cette discussion me conforte dans mon idée: je suis contre l’interdiction de la fessée!

Je trouve qu’elle n’a aucune vertu éducative et d’ailleurs les scientifiques n’ont jamais pu prouver le contraire

C’est une douleur inutile qui n’apprend rien à un enfant et ne l’aide pas non plus à retenir ou à comprendre quoi que ce soit. Sans parler du fait qu’elle peut marquer certains enfants et les humilier.

J’espère que vous êtes à cette étape un peu rassuré sur mon compte. 😉

Il me semble que le texte qui a été voté en janvier dernier ne prévoyait aucune sanction en cas de châtiment corporel mais là n’est de toute façon pas la question.

Je suis contre l’inscription de l’interdiction de la fessée dans la loi pour deux raisons que voici.

L’apprentissage de la parentalité n’est pas inné

Être parent n’est pas de tout repos ce qui n’autorise pas pour autant les parents à fesser leurs enfants. Mais quand tout va de travers, que les enfants crient, font des bêtises… La bienveillance ne va pas toujours de soi. Elle demande un travail sur soi-même pour apprendre à faire différemment de ce que la plupart d’entre nous ont vécu, ce qui n’est pas facile.

Sans aller jusqu’à la bienveillance, il n’est pas toujours facile de ne pas céder à cette envie de dire STOP, de faire en sorte que les choses reprennent leur cours normal et de réussir à influer sur au moins une chose qui va de travers.

Alors parfois, sans le vouloir, sans en avoir même vraiment conscience, certains parents cèdent à cette envie et se laissent aller aux cris et cèdent à la pulsion du STOP dont la fessée est un bon exemple. Certains regrettent immédiatement leur geste et d’autres pas. Dans tous les cas le mal est fait et aucun ras le bol ne justifie ni n’excuse un tel comportement. Ce geste est bien évidemment de la maltraitance et si les enfants en sont victimes c’est aussi par qu’il reste plus facile de fesser son enfant que de gifler son boss.

La fessée est donc aussi la conséquence du sentiment d’impuissance de certains parents à se faire entendre de leurs enfants.

Un étrange appel au secours qui enferme les parents dans un rapport de force avec leurs enfants où ils ont déjà perdu toute autorité.

Avec Daddy Olk (mon conjoint, NDLR) nous expliquons, nous sommes d’accord: pas de fessée.

Mais nous sommes aussi conscients que, bien que Charlie soit dans nos vies depuis bientôt 1 an, nous sommes des apprentis parents. Nous ne savons donc pas tout et apprenons au fur et à mesure. Il est d’ailleurs probable que l’on fasse des erreurs un jour ou l’autre (c’est peut-être même déjà le cas) malgré notre bonne volonté et tous les livres éducatifs que nous essayons de lire.

Pour moi le problème est que rien n’est fait pour nous aider à devenir parent et nous accompagner dans notre parentalité.

Il n’est donc pas toujours facile de céder à cette pulsion du ras le bol ou de ne pas reproduire le modèle que l’on a vécu.

Dans ces conditions je ne crois pas que son interdiction nous aidera à devenir de meilleurs parents. Elle culpabilisera probablement plus de parents qui s’en veulent déjà mais ne nous accompagnera pas davantage dans cette étape importante qu’est la parentalité.

L’immixtion du législateur dans notre quotidien familial

A mon sens, ce n’est pas au législateur de venir nous dire quoi faire en matière d’éducation dans notre sphère familiale.

La façon dont nous vivons notre vie de famille relève du domaine privé.

Attention, je ne dis pas que tout est permis à partir du moment où l’on est en famille. Les violences restent des violences et sont condamnées en tant que telles. Idem pour le meurtre ou tout autre exemple. Je m’arrête ici sur la question du droit à l’avortement que l’une de mes sœurs a soulevé. Le droit à l’avortement permet aux femmes de disposer de leur corps en toute liberté. Il n’est pas une interdiction mais un droit de choisir.

En fait, mon interrogation est de savoir jusqu’où pourra aller le législateur une fois que la voie sera ouverte

Avec d’autres lois plus ou moins farfelues par exemple « caricatural », pourquoi ne pas interdire aux parents d’habiller les filles en bleu et les garçons en rose?

Je ne cherche pas à convaincre qui que ce soit avec cet article mais davantage à partager avec vous mes idées. Je ne campe pas sur mes positions et je suis donc prête à me laisser convaincre 😉

Alors vous, qu’en pensez-vous?

Ce billet est également publié sur le blog Our Little Kosmos.



Julie Olk

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Lire aussi :

Le Conseil constitutionnel censure la loi anti-fessée

3 idées reçues sur la fessée et autres châtiments corporels démontées

Il est temps de mettre fin au « droit de correction »!

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