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Pourquoi le Président Macron doit être le DRH de la République

Ceux qui s’étonnent de l’approche inédite d’un Emmanuel Macron « DRH de la République » recevant les directeurs d’administration centrale avant leur nomination devraient comprendre que la question des ressources humaines est au cœur de la réforme de l’Etat. Comment ces directeurs nommés en conseil des ministres pourraient-ils agir et mobiliser efficacement leurs services sans être cornaqués par l’Exécutif sur le sens des réformes et leur feuille de route ?

De droite ou de gauche, le politique a été jusqu’à présent impuissant parce qu’il n’a pas su ou pu s’occuper de son propre instrument de pouvoir, l’État et l’administration. Parce que le management public ne l’a pas intéressé, se contentant d’une fausse complicité avec les hauts fonctionnaires, collectivement peu ardents au changement, préférant la gestion des procédures au management des hommes.

« Clef de voûte » des institutions de la Vème République, le Président élu au suffrage universel est pourtant le garant de la cohérence de l’action des différentes pièces de l’appareil d’État. Entre le moteur présidentiel et le fonctionnaire récepteur, la courroie administrative doit transmettre le mouvement et amortir les à-coups politiques de transmission. Il doit y avoir entraînement. Sinon, l’action publique patine.

C’est ainsi que doit être comprise la philosophie de l’action d’Emmanuel Macron. D’un côté, le spoil system est inadapté à notre culture politico-administrative. De l’autre côté, la neutralité bienveillante est inefficace car trop désengagée. La solution pour transformer l’action publique, c’est donc le management par le sens. Avec une direction précise. Et une décentralisation des responsabilités pour libérer les initiatives.

Qui dit courroie, dit souplesse. Pour améliorer le rendement de la transmission entre le pilote politique et l’exécutant administratif, il faut dans la fonction publique plus de transversalité et de coopération, plus de mobilité professionnelle et de choix dans les recrutements, plus de compétences et de formation, plus de culture de l’objectif et du résultat. Il faut un nouvel état d’esprit, avec une fonction publique au service de la société.

Depuis 9 mois, l’Exécutif réforme tous azimuts. Et le rythme ne devrait pas faiblir en 2018. Mais il ne pourra agir efficacement que lorsque son instrument d’action -l’État et l’administration- aura été profondément rénové. Or, si des initiatives vont dans le bon sens, avec notamment le « Comité Action Publique 2022 », il y a toutefois encore loin de la coupe aux lèvres.

Mère de toutes les réformes, la modernisation de l’action publique doit donc être la priorité des priorités pour l’année à venir. La France a besoin d’un « Président manager », un Président qui sache, non seulement ce qu’il faut faire, mais aussi comment le faire. Pour filer la métaphore, cette fois plus maritime, le pilote doit tenir le gouvernail tout en veillant à ce que l’équipage rame efficacement et dans le même sens.



Fauves éditions

« Urgences et lenteur, quel management public à l’aube du changement de monde? » par Francis Massé, Fauves éditions

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