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Pourquoi Mélenchon menace de sécher le dernier débat sur France 2

C’est niet. Jean-Luc Mélenchon l’a annoncé ce mardi après-midi, dans une note publiée sur son blog : en l’état, il ne participera pas au débat organisé par France 2 avec l’ensemble des candidats le 20 avril, soit trois jours avant le premier tour de l’élection présidentielle. Le boss de la France insoumise ne veut pas qu’on le réduise à de la « chair à buzz ». En cause : le trop grand nombre de participants, la réduction du temps de parole pour chacun qui en découle et la date trop proche du premier tour. « En toute hypothèse, pour ma part je ne crois pas possible de participer à une émission de cette nature au-delà du lundi 17 avril, compte tenu de mon programme d’activité et de la construction de ma campagne », écrit-il. La chaîne publique a aussitôt annoncé qu’elle maintenait le débat au 20 avril, avec ou sans Mélenchon. Mais c’était avant qu’Emmanuel Macron exprime à son tour ses doutes sur la pertinence d’un débat à 11 candidats à trois jours du premier tour…

Pourquoi le trublion Mélenchon grimpe

Bien sûr, Jean-Luc Mélenchon prend d’abord soin de saluer la réussite du dernier débat, organisé le 20 mars sur TF1 avec les quatre autres « gros » candidats, un « énorme succès » à ses yeux avec un « pic d’auditeurs à 11 millions et demi de personnes ! » Encore heureux… Sa prestation ce soir-là a été saluée par tous, des proches de Macron jusqu’à Gilbert Collard. Elle est en réalité décisive dans sa hausse sondagière et « le croisement des courbes » avec Benoît Hamon enregistré depuis dans plusieurs sondages. Mais si Mélenchon s’en réjouit au préalable, c’est pour mieux en pointer les « limites ». A ses yeux, la réussite du débat du 20 mars avec cinq candidats est une véritable prouesse. Celle, dès lors, des deux débats à venir, où les 11 candidats à la fonction suprême sont invités, n’est qu’une hypothèse farfelue… 

Cette raison là n’est pourtant pas décisive. Mélenchon aurait sinon tout aussi bien menacé de ne pas participer au débat du 4 avril sur BFMTV et CNews. Ce qu’il n’a pas (encore ?) fait. Le vrai motif réside à l’en croire dans la date trop tardive choisie par France 2. « La chaîne ne s’est pas demandée si nous sommes d’accord pour mettre en jeu toute notre campagne 48 heures avant le vote, ni ce que nous avions prévu de faire à cette date, ni s’il est décent et conforme qu’une campagne électorale s’achève par un événement auquel il est impossible de répliquer le cas échéant. » 

« Chair à buzz »

Voilà pour la politesse. Mais Mélenchon n’en reste pas là. L’occasion était semble-t-il trop belle d’égratigner une fois encore le traitement journaliste de la campagne présidentielle par le service public. Le candidat de la Franc insoumise prend soin d’étriller une fois encore « l’odieuse Emission politique, véritable traquenard qui fonctionne seulement comme un spectacle, dont la volonté de mise à mort est tellement évidente qu’elle est insupportable même quand un de nos adversaires y est soumis ! »

L’allusion est limpide à l’échange survenu jeudi dernier dans l’Emission politique entre François Fillon et la romancière Christine Angot. Mais on imaginait pas l’homme de gauche pris d’une telle compassion envers le candidat Les Républicains….

« Il me paraît donc essentiel de ne pas accepter d’être réduit de cette façon grossière en ‘chair à buzz’. Et encore moins de permettre à une équipe trop bien connue pour sa fascination pour le seul spectacle de dominer la conclusion d’une campagne de cette importance », conclut Mélenchon.

L’objet principal de sa diatribe étant le journaliste David Pujadas, cible régulière de son courroux.

La dernière attaque en date remonte à quatre jours à peine. Lors d’une interview à Télé-Loisirs, le député européen était revenu sur son passage dans cette Emission Politique qu’il dit exécrer et avait décrit Pujadas en journaliste « un peu usé », obsédé par le buzz. Dans le même entretien, Mélenchon expliquait également pourquoi il continuait à fréquenter ce rendez-vous médiatique : « Parce que ce sont des émissions que l’on peut arriver à retourner ». Il faut d’ailleurs se souvenir de ce qu’il disait à propos des médias à la revue « Charles » en octobre 2013. « Ce sont des marionnettes et j’ai trouvé comment tirer leurs fils. Ce qu’il faut, c’est leur donner du sang, ils aiment ça ! » En pleine dynamique à un mois du premier tour, Jean-Luc Mélenchon fait simplement le pari qu’il pèse assez pour infléchir sinon écraser de son absence un débat qui ne lui sied guère. 

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