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Présidentielle : ce qu'il faut retenir du débat entre les 11 candidats

• Les candidats étalent leurs désaccords sur l’emploi

Interrogé sur la situation économique de la France, et notamment sur la manière dont le candidat Les Républicains entend créer des emplois, François Fillon propose «de rénover le code du travail, de diminuer de 40 milliards les charges qui pèsent sur nos entreprises, de mettre en avant l’alternance, d’investir dans les nouvelles technologies, mais aussi de réformer le RSI ou de supprimer toute une série de normes qui pèsent sur l’agriculture». Tout le contraire pour Jean-Luc Mélenchon, qui veut «rétablir l’ordre public social dans notre pays.» Pour Marine Le Pen, la préférence nationale, qu’elle entend mettre en place, «va créer des emplois et rapporter de l’argent parce que cela passera par une taxe future sur les entreprises qui voudront employer des étrangers». Rapidement, le débat dérive et s’enflamme sur le statut des travailleurs détachés. «J’ai fait voter une loi qui permet de mettre des cartes d’identité dans le BTP, et c’est en train de marcher», affirme Emmanuel Macron. «C’est totalement faux», lui réplique Nicolas Dupont-Aignan. «Je voudrais dire que monsieur Macron est très clair: il veut maintenant la concurrence déloyale au coeur de notre pays. Or il faut changer les règles du jeu. Dans le cadre des traités actuels, il est impossible de créer des emplois en France. Il faut changer de cadre sinon la France crèvera à petit feu».

» Revivez l’intégralité du débat entre les 11 candidats à la présidentielle

• Des positions irréconciliables entre souverainistes et pro-européens

Si Benoit Hamon veut «continuer à faire le pari de la construction européenne», une partie de ses concurrents à l’Elysée affiche des idées contraires. «Tous les traités européens nous cadenassent dans une politique économique et sociale intenable pour les Français», estime par exemple François Asselineau, favorable à une sortie immédiate de la France de l’Union Européenne, sans passer par un référendum. Une différence notable avec Marine Le Pen, qui souhaite laisser les Français trancher ce sujet. Interrogée sur son «protectionnisme intelligent», la présidente du FN défend son projet, arguant que «l’intégralité ou presque des pays du monde protège leur propre production. Je vous rappelle que la Suisse a des droits de douane agricoles de près 55%, la Corée du Sud de 41%. Et ces pays vont très bien, beaucoup mieux que nous, il faut parler aux agriculteurs de temps en temps Monsieur Macron.» Réplique du tac au tac de la part du leader d’ «En marche!» à Marine Le Pen. «Ce que vous proposez, c’est la guerre économique, et nous ne sommes ni la Suisse ni la Corée du Sud. Ce que vous proposez, c’est le nationalisme. Le nationalisme c’est la guerre. N’oublions pas de quel côté nous venons!», lâche-t-il. «On en se présente pas comme la nouveauté quant on sort de vieilles badernes vieilles de 50 ans», lui répond-elle dans la foulée.

• Pour Marine Le Pen, «la France est une université de djihadistes»

Sur la sécurité, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste Philippe Poutou, qui veut mettre fin à l’état d’urgence et désarmer la police, apparait en grand décalage avec la tonalité de la majorité de ses adversaires. Interrogée sur la lutte contre le terrorisme, Marine Le Pen estime qu’«il faut retrouver nos frontières parce qu’un nombre important de terroristes se sont glissés parmi le flux de migrants, et certains sont responsables du massacre du Bataclan (…) Maintenant, la France est une université de djihadistes.» En entendant ces propos, Benoît Hamon sort de ses gonds: «Ça vous arrange Daech. Ça vous fait prospérer.» «Non ça ne m’arrange pas», lui rétorque la candidate, faisant ensuite référence à la soi-disant proximité entre le candidat socialiste et une frange musulmane intégriste. De son côté, François Fillon plaide pour «une alliance la plus large possible pour lutter contre ce mouvement. La France n’est pas le gendarme du monde, et elle n’a pas vocation à intervenir au Moyen-Orient. Mais elle doit s’inscrire dans une coalition internationale contre le totalitarisme islamiste».

• «Un président exemplaire», l’anaphore de François Fillon

Sujet dominant dans la campagne présidentielle, la moralisation de la vie politique donne lieu à une série de déclarations. Jean-Luc Mélenchon le clame: «Le peuple aura le droit de révoquer un élu en cours de mandat». Interpellé sur l’exemplarité des présidents, Jean Lassalle s’estime «pas trop mal». «Je n’aurais pas de mal à l’être, ça fait quarante ans qu’il n’y en a pas eu». Il veut emmener les «fonctionnaires parisiens dans les banlieues» et les campagnes. Pour Nicolas Dupont-Aignan, «un candidat doit avoir un casier vierge». Benoît Hamon souhaite lui «en finir avec les privilèges insupportables. Ce qui choque les Français, c’est le sentiment d’impunité.» Selon François Asselineau, «il faut cesser le monarchisme et cesser le showbizz». Emmanuel Macron se dit toujours favorable à la «moralisation de la vie politique». Très attendu sur ce thème, François Fillon répond par une anaphore, en déclarant, solennel: «Qu’est-ce que c’est qu’un président exemplaire? Un président exemplaire dit la vérité aux Français sur la situation de France et la réalité du monde. Un président exemplaire, c’est un président qui met en oeuvre les engagements qu’il a pris devant le peuple, quelle que soit les dififcultés. Un président exemplaire, c’est un président qui respecte le premier ministre et qui respecte l’équilibre des pouvoirs prévu par la Constitution. Un président exemplaire, c’est un président qui ne se sert pas des moyens de l’Etat pour affaiblir ses adversaires. Un président exemplaire, c’est un président qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense. Un président exemplaire, c’est un président qui au bout de son cinq ans peut dire qu’il a amélioré la vie des Français».

• Les «petits» candidats ont tenté d’exister

Placés au hasard derrière les pupitres, mais à égalité avec les favoris de l’élection présidentielle, les «six» petits candidats ont eu une occasion rêvée de mieux faire connaître leur personnalité et leurs idées devant des millions de téléspectateurs français. Comme Nicolas Dupont-Aignan, pour qui les électeurs ont le «choix»: «Soit vous continuez avec ceux qui vous ont menti, soit vous reprenez le pouvoir avec moi pour une France forte, libre et belle». Le député centriste Jean Lassalle propose lui «un avenir basé sur l’espoir et le vivre-ensemble», Jacques Cheminade promet de se battre «contre cette dictature financière qui gère tout», la candidate de Lutte ouvrière Nathalie Arthaud «veut faire entendre le camp des travailleurs», son homologue trotskiste Philippe Poutou entend «exprimer la colère des gens normaux», tandis que François Asselineau assure se positionner au-delà du clivage gauche-droite et souhaite redonner à la France sa souveraineté. D’une manière générale, chacun des «petits» candidats a souvent haussé le ton pour interpeller ou corriger ses adversaires qui dominent dans les sondages. Parfois pour créer le «buzz», comme les représentants de l’extrême gauche Philippe Poutou ou Nathalie Arthaud qui ont attaqué directement François Fillon et Marine Le Pen, visés par des enquêtes judiciaires. De quoi faire bouger les lignes? Eléments de réponse dans les prochaines enquêtes d’opinion, alors qu’il ne reste que dix-neuf jours avant le premier tour de l’élection présidentielle.

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