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Si vous en avez marre des méthodes d'éducation, mon petit manuel de parent approximatif est pour vous

J’en ai parlé souvent sur le blog, je suis une adepte de l’éducation approximative. Parce qu’entre Marcel Rufo et Isabelle Filliozat, une troisième voie est possible, je propose aujourd’hui de remettre à plat les notions de base de la méthode éducative que j’ai adoptée avec mes enfants. En effet, nous sommes à priori assez nombreux.ses à la pratiquer quotidiennement, mais aucune publication ni aucun guide sur cette méthode alternative n’est disponible. Grave erreur à mon avis. Il y a un marché sur le créneau. Alors aujourd’hui je tente à ma petite échelle de combler le vide en posant ici quelques principes fondamentaux de l’éducation approximative.

Je rappelle évidemment aux plus engagés d’entre vous que les lignes qui suivent doivent être lues avec un minimum de second degré, parce l’idée générale reste quand même d’avoir des mômes heureux à la fin, sinon, la méthode, bah elle ne sert à rien!

Le parent approximatif a raison

Tout le temps. Et même quand il se trompe, il a raison quand même, parce que c’est lui le parent. Parfois, pris en flagrant délit de mauvaise foi, il pourra s’excuser auprès de son petit, mais pas trop souvent, parce que c’est quand même lui le parent.

Le parent approximatif a des principes

Mais jamais les mêmes d’un jour sur l’autre. L’enfant le sait et s’adapte. Avec le temps, il saura deviner quel principe sera important à respecter ce jour-là.

Le parent approximatif se fiche de beaucoup de choses

Il n’a par exemple jamais compté les heures entre 2 biberons ou comparé la consistance et la couleur des selles de sa descendance. Un bébé qui grossit et grandit régulièrement suffit à le rassurer. Même si le parent approximatif, comme tous les autres, est très fier des progrès de ses enfants, il se fiche pas mal de l’âge de chacun au moment de l’acquisition des compétences motrices. D’ailleurs, surtout s’il a déjà plusieurs enfants, il ne remarquera pas que le petit dernier sait se tenir assis tout seul ou est capable de mâchouiller plus de Curly que l’ainé avec pourtant 28 dents de moins.

Le parent approximatif peut mettre une pression terrible sur sa progéniture

Il ne lâchera pas le môme tant qu’il ne saura pas parfaitement sa leçon d’histoire, mais il lui glissera à l’oreille le jour de l’interro que les notes, c’est pas important.

Le parent approximatif ne veut pas que ses enfants regardent la télé

Un peu parce qu’il trouve les programmes complètement débiles, mais surtout pour ne pas être abruti lui-même par le son de la télé. Du coup, il leur a offert un Ipad pour avoir la paix.

Le parent approximatif a souvent besoin d’un domaine de compétence qu’il maîtrise parfaitement

Ainsi, il comble psychologiquement les petites lacunes qu’il est conscient d’avoir quant à l’éducation de ses rejetons. Une bibliothèque parfaitement rangée, une garde-robe classée par couleurs et matières, ou encore une addiction aux recettes vegan … toutes ces petites passions lui permettent ainsi d’avoir le sentiment d’au moins maîtriser quelque chose dans sa vie.

En cas de crise, le parent approximatif punit

Puis compte jusqu’à 3, isole l’élément perturbateur, crie, hurle, se met au niveau de l’enfant, cherche un dérivatif, baisse le ton, menace, entame le dialogue, s’énerve, reste toujours maître de lui-même, se casse, écoute, réfléchit à une issue positive. Tout ça en même temps.

Le parent approximatif ne va pas chez le pédiatre

Enfin, si, un peu au début, pour les vaccins. Ensuite, il laissera l’enfant et ses anticorps lutter seuls contre la rhino-pharyngite. Il use aussi beaucoup de l’homéopathie. Moins parce qu’il est convaincu qu’une granule de sucre est efficace, mais surtout parce qu’il sait que la granule de sucre arrive à calmer l’enfant à chaque fois. À tous les coups on gagne, c’est comme à la fête à Neu-Neu. Attention, tout approximatif qu’il soit, le parent sait néanmoins reconnaitre les symptômes d’une vraie maladie nécessitant une consultation.

Le parent approximatif n’organise pas de fête d’anniversaire avant 6 ans révolus

Anniversaire thématique avec déco inspirée et mômes costumés, c’est chouette, mais comme il sait qu’il va s’en cogner plusieurs par an selon le nombre d’enfants qu’il a, il s’épargne en retardant l’âge de la première piñata.

Le parent approximatif ne culpabilise pas

Il sait que l’auto-flagellation ne fait pas avancer grand-chose, et de toutes façons, il sait aussi parfaitement que la société s’en chargera pour lui.

Le parent approximatif a compris qu’il n’a pas le monopole du pouvoir de décision

Passé le dilemme nichon ou biberon, la suite lui échappera un peu, il en est bien conscient. Il peut montrer le chemin qui lui semble le plus adapté mais il sait pertinemment que c’est l’enfant qui choisira lequel prendre. Alors il ne s’épuisera pas à vouloir le faire rentrer dans des cases.

Le parent approximatif sera toujours d’accord pour conduire l’enfant qui a reçu une invitation

Il sait que 2 heures de liberté valent bien quelques minutes de voiture. Le parent approximatif est d’ailleurs complètement fan du concept de soirée-pyjama, chez les autres évidemment.

Le parent approximatif lit parfois des manuels d’éducation

Il adhère à certaines idées qu’il essaie de mettre en pratique un jour sur deux. L’autre jour, il tente de prendre le contre-pied de tous ces diktats éducationnels.

Le parent approximatif réfléchit consciencieusement aux menus qu’il propose

Chaque soir, pour nourrir correctement sa descendance, il tient compte de 2 impondérables : facile à préparer et facile à manger. Pour les fruits et les légumes verts, il déléguera la tâche à la diététicienne de la cantine.

Le parent approximatif est assez détendu du slip de façon générale

Mais peut avoir soudainement des excès de colère sur un détail. Ça passe généralement assez vite, mais notons que ça peut être assez désagréable pour l’entourage proche.

Le parent approximatif délègue beaucoup

Grands-parents, nounous, amis, voisins, charcutier-traiteur … il n’hésite pas à larguer sa progéniture régulièrement. Parce qu’il sait qu’il faut tout un village pour élever un enfant, et parce qu’il a la flemme aussi parfois.

Le parent approximatif essaie toujours de faire de son mieux

Mais pas toujours. De temps en temps, il préfère faire le minimum, et c’est déjà pas mal.

Enfin, pour conclure ce petit précis d’éducation approximative, basé sur de vraies études de cas avec de vrais morceaux de gamins dedans, notons que les résultats ont montré que l’enfant de parent approximatif est joyeux, futé, neuneu, patient, colérique, adorable, hyper-relou, gentil, égoïste, triste, angoissé, sûr de lui, autonome, collant, éprouvant, trop mignon, peureux, curieux, heureux la plupart du temps, calme, hystérique, gourmand, impertinent, souriant, attachant, agaçant… comme tous les autres enfants finalement!

Ce billet est également publié sur le blog Quatre Enfants.

(Le nom de l’auteur a été modifié à sa demande)

Lire aussi :

« Le partage des tâches quotidiennes fonctionne à merveille avec mes 4 enfants »

« L’éducation positive ou bienveillante, très peu pour moi »

« J’ai hurlé sur mes enfants, je suis une mère, pas un héros »

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