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Sur Twitter, les Français moins accro aux "fake news" que les Américains durant la campagne

Les fausses informations et rumeurs ont été beaucoup moins propagées durant la campagne présidentielle française qu’américaine. Du moins sur Twitter, rapporte une étude publiée vendredi.

Ceux qui craignaient un déferlement à l’américaine de « fake news » (fausses informations) pendant la campagne pour l’élection présidentielle française peuvent se rassurer. Il n’a pas eu lieu. Les internautes français ont moins partagé les fausses rumeurs que les Américains, du moins sur Twitter, d’après les conclusions d’une étude publiée vendredi 21 avril par l’Oxford Internet Institute (OII).

« Il y a eu moins de ‘junk news’ partagées en France qu’aux États-Unis dans le seul État du Michigan durant les campagnes présidentielles respectives », souligne Clémentine Desigaud, co-auteure de l’étude et membre de l’institut dépendant de la célèbre université britannique.

Les « junk news » sont une catégorie plus vaste que les simples fausses informations. « Elles désignent les contenus hyper-partisans, les commentaires volontairement trompeurs et les articles qui jouent sur les sentiments en utilisant notamment beaucoup d’adjectifs à valeur émotionnelle ou en choisissant de mettre leur titre en majuscules », explique la spécialiste.

Breitbart News et Infowars en France aussi

Pour leur étude, les auteurs ont passé au crible, sur une semaine en mars, près de 850 000 tweets faisant mention d’un des 32 hashtags (mots-clés) jugés les plus représentatifs de la campagne (#Electionpresidentielle, #Hamon2017, #Macron ou encore #PenelopeGate). Ils ont ensuite retenu uniquement ceux qui contenaient des liens pour pouvoir constater quel type de contenus les internautes partageaient le plus. L’institut britannique a retenu trois catégories de publications : les informations professionnelles (les médias), ceux qui proviennent des candidats eux-mêmes ou de leurs équipes et les « autres informations politiques » (où l’on retrouve les « junk news », les blogs personnels ou les sites d’associations ou d’ONG).

Contrairement aux États-Unis, les « junk news » sont minoritaires même au sein de la catégorie des « autres informations politiques ». Les internautes partagent donc sur Twitter davantage de liens d’ONG comme Amnesty International ou Oxfam (en rapport avec l’élection présidentielle) que d’informations douteuses.

Parmi les contenus trompeurs qui ont tout de même trouvé une place sur Twitter en France se trouvent les multirécidivistes de la « junk news » made in America comme Breitbart News ou Infowars (le site du complotiste pro-Trump Alex Jones). Quant aux sites francophones douteux, plusieurs ont vu leurs contenus partagés, comme mondialisation.ca (jugé « non fiable » par le Decodex du quotidien Le Monde),

Macron, le plus tweeté

Une des grandes différences avec l’élection américaine est qu’il n’y a pas eu — à la connaissance des auteurs de l’étude — de sites spécifiquement mis en place lors de la campagne pour propager des « fake news ». Peu avant l’élection américaine, Buzzfeed avait constaté une armée de faux sites créés en Macédoine dont le but principal était de dénigrer la candidate démocrate Hillary Clinton.

Impossible de dire qui a été la principale victime des « junk news » parmi les 11 candidats en lice. Certes, Emmanuel Macron apparaît comme celui au sujet duquel il y a eu le plus de tweets, devant Marine Le Pen et Benoît Hamon. Mais « nous n’avons pas regardé le contenu de chaque message pour tous les candidats », précise Clémentine Desigaud. Les tweets retenus au sujet du candidat du mouvement En Marche ! peuvent tout aussi bien être positifs, négatifs, renvoyer vers de vrais articles ou être des « fake news ».

La relative faible présence de ces contenus litigieux vient peut-être du fait que les Français sont moins prompts à relayer de fausses informations que les Américains, reconnaît Clémentine Desigaud. Elle note aussi « la spécificité du système médiatique français où il y a plus de chaînes publiques d’information et une tradition plus forte qu’aux États-Unis de regarder le journal du soir ». En outre, les internautes français ne vont pas autant s’informer grâce aux liens partagés par leurs amis sur les réseaux sociaux que de l’autre côté de l’Atlantique. « Le public francophone sur Twitter est plutôt majoritairement très éduqué, ce qui n’est pas forcément le cas aux États-Unis », reconnaît la co-auteure de l’étude.

Et Facebook dans tout ça ?

Le travail de ces checheurs s’est attaché exclusivement à Twitter, alors que la polémique autour des « fake news » aux États-Unis a beaucoup tourné autour de Facebook. Une prise en compte du principal réseau social en France aurait peut-être donné une autre image de la situation.

L’enquête ne permet pas non plus de connaître l’origine de ceux qui ont fait circuler des fausses rumeurs : ce n’était pas le but de l’étude, jugent les auteurs. Impossible, donc, de savoir si la Russie a tenté, comme l’ont affirmé certains candidats, de mettre son petit doigt numérique dans le jeu démocratique français.

Première publication : 21/04/2017

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