Accueil | Actualité | Un an d'En Marche! vu par les intentions de vote de Macron

Un an d'En Marche! vu par les intentions de vote de Macron

PRÉSIDENTIELLE 2017 – « Il a fait en un an ce que tant d’hommes politiques n’ont jamais réussi à faire en trente ans. » C’est plein de sourire dans la voix que Stéphane Travert revient sur les douze mois qu’Emmanuel Macron vient de vivre. Cela fait en effet tout juste un an que celui qui était ministre de l’Economie a lancé, le 6 avril 2016, son mouvement En Marche!. Ce jour-là, c’est devant à peine plus de 300 personnes réunies dans sa ville natale d’Amiens que l’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée se lance dans le grand bain de la politique.

Depuis, il a quitté le gouvernement, annoncé sa candidature à la présidentielle, multiplié les ralliements jusqu’à devenir le favori de ce scrutin dont le premier tour a lieu dans moins de trois semaines. Deux jours après le grand débat à onze au cours duquel il n’a pas crevé l’écran, Emmanuel Macron abat ce jeudi une autre carte importante dans cette dernière ligne droite: son passage obligé dans « L’Emission politique » sur France2. « C’est un format qui lui convient encore mieux, veut croire le député Arnaud Leroy, l’un des piliers d’En Marche!. Le temps est plus long pour exposer plus clairement ses idées. »

Pour ses rivaux qui ont vu débarquer dans la course un adversaire en qui ils ont mis très (trop) longtemps à croire, c’est aussi l’un des derniers moments pour espérer un faux pas et voir la dynamique s’effondrer. Celle-ci s’est construite depuis le 6 avril dernier mais plus encore depuis le début de l’été 2016, comme le montre l’infographie ci-dessous qui retrace la courbe des intentions de vote successives d’Emmanuel Macron.

Pour comprendre comment un ex-banquier jamais élu est arrivé en tête des sondages, Le HuffPost a décidé de voir comment les moments forts de sa campagne mais aussi les polémiques et les éléments clés de cette folle présidentielle ont impacté l’opinion.

Ce graphique est basé sur les différentes enquêtes réalisées par l’institut de sondage Ifop pour Sud Radio, Cnews ou Paris Match. Le panel de candidats testé n’était pas toujours le même ce qui a aussi pu avoir un impact sur le score d’Emmanuel Macron.



HuffPost

1- 6 avril 2016. Macron se met en marche

C’est à Amiens, ville dont il est originaire qu’Emmanuel Macron franchit une première ligne jaune. Encore ministre de l’Economie, il annonce le lancement d’un nouveau politique « ni de droite-ni de gauche ». Les premiers retours sont sceptiques. « On nous moque, on nous demande si nous ne marchons pas seuls », se souvient la députée des Côtes-d’Armor Corinne Erhel. Comme tous les candidats « socialistes », il doit cependant faire face à la défiance des Français pour son camp.
-> 16% le 14 avril.

2- 27 mai 2016. Il se fait tailler un costard

En déplacement dans l’Hérault, le ministre de l’Economie se prend les pieds dans le tapis de la confrontation avec deux hommes qui l’attendaient à la sortie d’une visite avec de jeunes étudiants. Obligé de défendre la loi Travail, Emmanuel Macron est visiblement excédé: « Vous n’allez pas me faire peur avec votre tee-shirt : la meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler », lance-t-il alors sans imaginer que la réplique va faire le bonheur de ses détracteurs. « Il traverse un vrai trou d’air, se souvient le sénateur François Patriat. Dans les couloirs ici, certains me disaient ‘je refuse de parler de Macron, je ne tire pas sur les ambulances’. » Et comme entre les deux sondages, Emmanuel Macron a changé de position (il n’est plus testé comme un candidat PS mais comme un second candidat de gauche), la chute dans les sondages est importante.

-> 12% le 17 juin

3- 12 juillet 2016. Le meeting de la confirmation

Quelques semaines après le lancement de sa « Grande marche », Emmanuel Macron livre à La Mutualité sa première démonstration de force, ponctuée par une invraisamblable prestation de l’écrivain Alexandre Jardin et une absence totale de propositions. « Les gens nous disaient qu’on était des branques ou des nullos qui ne savaient pas faire. Nous avons réuni plus de 4000 personnes en deux jours et Emmanuel a montré qu’il savait tenir une salle », se rappelle le député Arnaud Leroy, soutien de la première heure. Pour plusieurs piliers du dispositif, ce moment marque le réel envol de la fusée Macron. A deux jours de la traditionnelle allocution présidentielle du 14 Juillet, le ministre de l’Economie prend une fois encore de la distance avec l’exécutif mais il se garde bien de rompre définitivement. « Il pensait qu’il serait viré mais Hollande n’a pas osé », estime un lieutenant.

4- 30 août 2016. La séparation d’avec Hollande

C’est finalement à la fin du mois d’août qu’Emmanuel Macron décide de s’affranchir pour de bon de François Hollande. Il claque la porte du gouvernement pour mener à bien son projet présidentiel même s’il n’officialise (toujours) pas sa candidature. Les indices ne manquent pas cependant: « je veux transformer la France dès l’année prochaine », dit-il notamment. Dans les sondages cependant, la progression commence à se faire sentir. Il est installé devant le candidat socialiste, quel qu’il soit, y compris François Hollande. « A ce moment, il a la conviction que le président ne pourra pas se présenter, alors il fonce », explique un proche.

-> 15% le 7 septembre

5- 16 novembre 2016. En marche vers l’Elysée

« Je suis prêt », lance-t-il à Bobigny. L’officialisation de sa candidature qui n’est plus qu’un secret de polichinelle intervient à la mi-novembre, en pleine campagne pour la primaire de droite. « Comme très souvent, le timing est parfait, estime François Patriat. Il bouscule le jeu de la primaire dans la dernière ligne droite et prend les devants par rapport à celle de la gauche. » Cette déclaration est accompagnée de la sortie d’un livre Révolution; un titre qui suscite des incompréhensions tant le contenu n’apparaît pas ouvertement révolutionnaire.

-> 15% le 17 novembre

6- 27 novembre 2016. Une première bonne surprise

La victoire de François Fillon et donc la défaite d’Alain Juppé ouvre à Emmanuel Macron un espace plus large sur sa droite. La dimension très libérale et conservatrice du projet du vainqueur de la primaire lui permet de rêver de mordre sur l’électorat le plus centriste des Républicains. Encore que la présence de François Bayrou dans les sondages ne lui permette pas d’en tirer encore profit dans les sondages.

7- 1er décembre 2016. Ce sera sans Hollande

Le forfait de François Hollande annoncé le jour de l’ouverture des candidatures à la primaire de gauche confirme que toutes les bonnes nouvelles s’enchaînent pour le candidat d’En Marche!. « Il croyait à ce scénario depuis plusieurs mois », assure un parlementaire du premier cercle. Même s’il a pu être accusé d’avoir savonné la planche du président sortant, les dernières sorties de Manuel Valls font qu’ils sont désormais deux à partager le statut de traître. Solidement installé comme le troisième homme de cette présidentielle, il continue de construire son projet avec plusieurs meetings, notamment la démonstration de force porte de Versailles début décembre. Mais la multiplication de ces réunions sans que son projet ne soit esquissé commence à nourrir de réelles interrogation autour de sa préparation.

-> 16% le 3 décembre

8- 29 janvier 2017. Le PS lui ouvre un boulevard

Les astres continuent de s’aligner pour la candidature d’Emmanuel Macron. C’est Benoît Hamon qui sort vainqueur de la primaire de gauche. « C’est facile de dire que les astres s’alignent. Encore faut-il avoir une trajectoire et savoir prendre les risques quand il faut », défend François Patriat. Le sénateur estime aussi que les fêtes de fin d’année ont été propices à son champion. « Les gens ont parlé de Macron pendant les repas de famille. Une cristallisation s’est faite à ce moment-là. » Même si le premier sondage consécutif à la victoire de Hamon semble rebattre les cartes à gauche, la survenue du Penelope Gate va finir d’ouvrir un boulevard à Emmanuel Macron, François Fillon enregistrant une baisse immédiate dans les sondages.

-> 20% le 1er février

9- 14 février 2017. La polémique algérienne

Être candidat à la présidentielle, c’est aussi risquer les polémiques. Avant celle sur l’île de la Guyane, Emmanuel Macron a été sous le feu nourri des critiques pour avoir comparé, en Algérie, la colonisation française à un crime contre l’Humanité. « Lui, il assume tout, mais dire ça la-bas, c’était une connerie », dit un soutien qui ne comprend pas vraiment ce qui lui est passé par la tête. Mais les conséquences sur ses sondages ne sont pas flagrantes car dans le même temps, François Fillon continue d’être empêtré dans ses affaires judiciaires.

10- 22 février 2017. Le candidat du centre

L’océan de bonnes nouvelles n’en finit pas pour Emmanuel Macron qui parvient à rallier à lui François Bayrou. L’addition de leur score est très nette dans les sondages et le candidat d’En Marche! passe durablement devant François Fillon et s’installe comme le favori de cette présidentielle. Cela confirme aussi, dans les esprits des macronistes, que leur champion incarne le vote utile pour faire barrage à Marine Le Pen.

-> 23% le 4 mars

11- 14 mars 2017. Un adversaire en examen

En ne se retirant pas malgré sa mise en examen, François Fillon fait venir vers Emmanuel Macron quelques élus Les Républicains qui n’acceptent pas ce manque de respect de la parole donnée. Roue de secours pour la gauche, l’ancien ministre devient un refuge pour le centre-droit. Dès lors, Emmanuel Macron poursuit sa progression dans les sondages, passant même devant Marine Le Pen dans de très nombreuses enquêtes.

-> 26% le 31 mars

Lire aussi :

Sitôt dévoilée, la nouvelle affiche de Macron détournée

Le slogan de Macron qui marie les contraires

BLOG – « Ce que cachent les politiques qui rejoignent Macron »

Pour suivre les dernières actualités en direct sur Le HuffPost, cliquez ici

Tous les matins, recevez gratuitement la newsletter du HuffPost

Retrouvez-nous sur notre page Facebook

À voir également sur Le HuffPost:

Lire l'article depuis la source

x

Check Also

Comment réviser pour le bac de philo en regardant "The Walking Dead"

BAC DE PHILO – L’épreuve phare du baccalauréat vous effraie peut-être autant que la batte ...

Partages