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Un superhéros à l'Assemblée, Sarkozy de retour à l'Elysée

 Taxe d’habitation : ceci n’est pas un couac

Finalement, ce sera pour 2018. Matignon a confirmé lundi après-midi que la baisse de la taxe d’habitation et de l’ISF débuterait dès l’année prochaine. Et qu’importe si le Premier ministre avait dit le contraire dans son discours de politique générale, expliquant que l’état des finances ne le permettait pas.

« Cafouillage au sommet de l’Etat ou rétropédalage ? » demande « Le Parisien » ce matin. « C’est Macron qui a pesé ce week-end », indique une source gouvernementale à l’AFP. « Edouard Philippe était sur une vision plus progressive et le président de la République a tenu à ce qu’il y ait vraiment un choc de confiance. Il ne voulait pas que le discours sur les économies budgétaires vienne brouiller le message économique. »

« Donner l’impression de ne pas tenir sa promesse aurait été terrible pour son image et surtout la suite de son quinquennat », déclare un conseiller ministériel.

Officiellement, l’Elysée évoque une simple « précision de calendrier ». La presse aurait sûrement dénoncé un « couac » sir François Hollande était encore au pouvoir. Mais « Libération » est ce matin un des rares quotidiens à utiliser ce terme. Pour « Le Figaro », ce « cafouillage » n’est qu’un « avertissement sans frais ». Dans « La Croix », Guillaume Goubert souligne même :

« S’il y a quelque chose de frappant chez Emmanuel Macron, c’est sa capacité à corriger rapidement le tir, sans attendre d’être sous pression et, accessoirement, sans faire acte de contrition ».

Tandis que dans « l’Opinion », Nicolas Beytout y voit la manifestation de la « oups politique » :

« Emmanuel Macron n’a donc mis que quelques jours pour analyser l’ampleur de l’erreur commise à l’occasion du discours de politique générale de son Premier ministre, et le boulet politique qu’il était en train de s’accrocher à la cheville pour le reste de son quinquennat. C’est une nouvelle manifestation de ce qu’on pourrait appeler la ‘oups politique’. »

Reste à financer ces mesures… Oups, il manque quelques milliards ! Où les trouver ? Dans « Le Parisien », le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, explique comment le gouvernement espère faire 4,5 milliards d’économies. Tandis que sa collègue des Armées, Florence Parly, a annulé ses déplacements prévus ce mardi pour rediscuter son budget.

 L’homme du jour : Adrien Quatennens

Sous sa chevelure rousse, il est l’un des nouveaux visages de l’Assemblée nationale. A 27 ans, Adrien Quatennens, élu député sous les couleurs de la France insoumise en juin, s’est fait remarquer lundi soir en pilonnant soigneusement le projet de réforme du Code du travail.

Aux députés de la majorité, il a lancé :

« Voulez-vous vraiment que l’histoire retienne que votre marche est d’abord un piétinement d’un siècle de lutte sociale ? […] N’hésitez pas à vous ‘insoumettre’. »

Elu député de justesse à Lille, Adrien Quatennens avait fait campagne sous les traits d’un super-héros.

Qui est cet Insoumis qui porte le fer contre le gouvernement sur ce sujet emblématique ? Portrait, par Sébastien Billard 

7 choses à savoir sur Adrien Quatennens, le M. Code du travail des Insoumis

Le dîner : Sarkozy de retour à l’Elysée

« L’humeur fut joyeuse et le moment détendu. » Selon « Le Figaro », Nicolas Sarkozy a été reçu à l’Elysée pour « un dîner secret avec Emmanuel Macron », mercredi dernier, le jour des obsèques de Simone Veil. Les deux hommes étaient accompagnés de Brigitte Macron et Carla Sarkozy.

« C’est un dîner privé qui s’inscrit dans une série de rencontres que le chef de l’État compte avoir avec ses prédécesseurs », a minimisé l’Elysée, qui a évoqué un autre rendez-vous avec François Hollande.

Mais « Le Figaro » saisit l’occasion pour rappeler le rôle – central, forcément – de Nicolas Sarkozy, ancien chef d’Etat « expérimenté ». « Les coups de fil qu’il reçoit sur son portable sont nombreux ! Y compris des ministres issus de la droite », insiste le quotidien.

Soyez donc prévenus : Nicolas Sarkozy a beau avoir été sèchement éliminé dès le premier tour de la primaire de la droite, il compte bien peser dans la bataille qui s’ouvre pour la présidence de LR. « Le Figaro » campe d’ailleurs Sarkozy en homme avant tout soucieux de « l’unité » de la droite. Une façon de signifier que ceux qui ne se rangeraient pas derrière Laurent Wauquiez seraient des facteurs de division… A son sujet, il aurait déclaré :

« Laurent Wauquiez a des défauts mais comme il est intelligent, on peut espérer qu’il progresse. »

Est-ce un compliment ? Sans doute davantage que les innombrables attaques visant Wauquiez.

« Il court après l’extrême droite »… Ces ténors des Républicains qui détestent Wauquiez

 Le RDV du jour : LR se penche sur le sort des Macron-compatibles 

L’unité de la droite, il en sera question ce mardi soir lors d’un bureau politique des Républicains. Au menu : le sort de ceux qui ont rejoint le gouvernement, Edouard Philippe, Bruno Le Maire, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, et des députés qui ont créé le groupe des « constructifs », Thierry Solère et Franck Riester.

Selon un cadre de LR, il pourrait ne pas y avoir « d’exclusion à ce stade » mais une simple « procédure interne habituelle », pour permettre aux personnes mises en cause de « s’expliquer » avant une « éventuelle sanction ». La procédure prendra donc un peu de temps. A moins que le parti choisisse de privilégier un geste politique fort ?

 La phrase du jour : « en service commandé pour faire éclater notre parti »

Eric Ciotti, lui, a tranché. Le député LR des Alpes-Maritimes veut une clarification au plus vite, et donc une exclusion des élus  « Macron-compatibles ». Il le dit ce matin dans une interview au « Parisien » :

« On voit bien que certains sont en service commandé pour faire éclater notre parti.
« Certains ont tiré les conséquences de leur nouveau positionnement et je les respecte. C’est, semble-t-il, le cas d’Edouard Philippe et de Bruno Le Maire. Mais les autres souhaitent volontairement maintenir l’ambiguïté pour nuire à notre famille politique. Ce n’est plus acceptable. Si on est En Marche !, on ne peut plus être Républicains. »

Regrette-t-il d’avoir qualifié Thierry Solère de « professionnel de la trahison » ?

« Il suffit de regarder son parcours depuis quelques mois pour mesurer l’élasticité de ses convictions. »

 A suivre aujourd’hui…

  • Emmanuel Macron est à Lausanne pour défendre la candidature de Paris pour les JO de 2024.
  • L’agresseur présumé de Nathalie Kosciusko-Morizet, Vincent Debraize, a lieu à 13h30 devant le tribunal correctionnel de Paris
  • L’Assemblée reprend à 15h l’examen du projet de loi d’habilitation à réformer par ordonnances le dialogue social (réforme du travail).
  • Le Sénat poursuit l’examen du projet de loi rétablissant la confiance dans l’action publique (moralisation de la vie politique)
  • Le Bureau politique des Républicains se réunit à 18h au siège du parti.

Baptiste Legrand

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