Accueil | Santé | Une horloge mécanique sans tic-tac

Une horloge mécanique sans tic-tac

En 2015, les horlogers ont vendu pour quelque 38,5 milliards d’euros de montres dans le monde. À elle seule, la Suisse en a vendu pour 19 milliards d’euros, dont 80 % de montres mécaniques – lesquelles ne représentent que 2 % des montres vendues dans le monde… De son côté, la France a vendu pour 1,3 milliard d’euros de montres mécaniques, dont les mécanismes, le plus souvent, sont… suisses. C’est dire le succès pérenne des montres de luxe. Un succès paradoxal dans la mesure où leur utilité comme garde-temps est compromise par les montres à quartz, plus précises et moins onéreuses, ainsi que par les omniprésents téléphones portables. Dès lors, une idée reçue est que les mécanismes horlogers auraient cessé d’évoluer et qu’il n’y aurait plus rien à découvrir ni à inventer dans ce domaine. Notre vision, celle du laboratoire de conception micromécanique et horlogère de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, à Neuchâtel, est tout autre : nous avons entrepris de transformer fondamentalement la montre mécanique, dont le principe est resté inchangé depuis… deux siècles !

Nous travaillons ainsi sur plusieurs nouveaux principes de mécanismes horlogers. Notre projet phare est IsoSpring, une nouvelle base de temps qui élimine le dispositif à l’origine du fameux tic-tac des montres mécaniques actuelles : l’échappement. Cet organe a pourtant été la grande avancée qui a permis le développement de l’horlogerie mécanique au Moyen Âge. L’objectif d’IsoSpring est d’aboutir à une montre mécanique au mouvement intrinsèquement continu, plus précis, plus autonome et d’une réalisation plus simple.

La mesure du temps a son origine dans les cycles naturels : les 24 heures d’une journée correspondent au mouvement apparent du Soleil autour de la Terre ; les quelque 30 jours du mois au cycle lunaire ; les 365 jours de l’année au cycle des saisons. Dès l’Antiquité, on a cherché à s’affranchir de ces phénomènes. Plusieurs principes de garde-temps ont été inventés, tels le sablier ou encore l’horloge à eau. Celle que construisit le savant chinois Su Song au XIe siècle avait des performances chronométriques impressionnantes et comportait d’ailleurs déjà une forme d’échappement.

En Europe, c’est au Moyen Âge qu’a été inventé l’échappement, un mécanisme qui discrétise le temps, en d’autres termes qui le hache. Dans les montres-bracelets, sa forme commune d’aujourd’hui est l’échappement à ancre, du nom d’une pièce à deux bras terminés par des doigts – nommés palettes. Du fait du mouvement de va-et-vient du balancier-spiral – l’oscillateur qui donne la base de temps à la montre – les palettes libèrent puis arrêtent régulièrement une roue dentée, la roue d’échappement…

Lire l'article depuis la source

x

Check Also

Un oiseau Gargantua identifié en Espagne

Dans les années 1990, le site fossilifère crétacé de Laño, situé à la limite des ...

Partages