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VIDEO. "J'ai risqué ma vie" : Yoann Barbereau, piégé puis condamné en Russie, raconte son évasion

C’est une histoire incroyable, un vrai roman d’espionnage. Depuis un an, il était en cavale, avec les services secrets russes à ses trousses. Condamné par les autorités russes, pour pédophilie, à quinze ans de colonie pénitentiaire par contumace, Yoann Barbereau était contraint de se cacher. Cet agent français expatrié en Sibérie, où il dirigeait l’Alliance française d’Irkoutsk, a toujours clamé son innocence, se disant victime d’un « kompromat » : ses photos personnelles auraient été volées et détournées. Tristan Waleckx venait de retrouver sa trace pour « Envoyé spécial »… et jeudi 9 novembre, alors qu’il est rentré en France la veille, le voici face à Elise Lucet. 

Où était-il pendant tout ce temps ? A Moscou, tout simplement, dévoile ce soir Yoann Barbereau. Plus précisément, à l’ambassade de France, où il est resté pendant un peu plus d’un an. Quelques jours seulement avant cette interview, il décide de franchir, par ses propres moyens, la frontière russe. Pour rejoindre un pays européen qu’il ne nommera pas, « pour protéger certaines personnes qui [l]’ont aidé, des Russes, qui risquent leur vie aujourd’hui, et qui ont pris des risques pour [lui] ».

Pourquoi avoir choisi ce moment pour rentrer en France ? A cause du reportage d' »Envoyé spécial » précisément : « une forme de garantie », au cas où ça se passerait « très mal sur le chemin », qu’il ne sera « pas oublié dans les médias les jours suivants ». « J’ai vraiment risqué ma vie ces derniers jours, confie Yoann Barbereau. Je suis passé par des endroits où on tire sur les gens, où on peut lâcher des chiens. J’ai risqué ma vie pour ma liberté, pour mon honneur. Et puis parce que c’est une faillite des autorités françaises à mon égard. »

Pourquoi la France n’a-t-elle pas mobilisé l’opinion publique sur son cas ? Selon l’invité de l’émission, « c’était une stratégie, mais [les diplomates français] ont commis une série d’erreurs. […] Voilà comment, « petit à petit, une affaire totalement locale devient une prise d’otage exploitée par les autorités fédérales russes. » […] « C’était inimaginable il y a cinq ans, qu’un agent du ministère des Affaires étrangères soit attaqué avec cette outrecuidance, sans que les autorités françaises ne puissent rien y faire… C’est très nouveau ! Ça dit quelque chose de la relation franco-russe aujourd’hui… »

Que demande-t-il à la France ? L’effacement de sa condamnation par la Russie et l’abandon de toutes les charges contre lui. Yoann Barbereau souhaite être jugé en France pour faire apparaître clairement que ce dossier « grotesque » a été « fabriqué par la police d’Irkoutsk ». « Je demande à être jugé en France, on va voir ce qu’on va voir… Et ce qu’on trouve dans le dossier ! » 

Yoann Barbereau donnera de plus amples détails dans une conférence de presse, qui se tiendra le 10 novembre 2017 à Nantes.

Une interview diffusée dans « Envoyé spécial » le 9 novembre 2017.

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