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Vingt villes américaines peuvent encore "rêver" d’accueillir le nouveau QG d’Amazon

Amazon a révélé, jeudi, la liste des 20 villes finalistes à son appel d’offres pour construire son nouveau siège social. Pour décrocher le gros lot, certaines municipalités font un pont d’or à Jeff Bezos.

Elles ne sont plus que vingt. Le patron d’Amazon, Jeff Bezos, a annoncé, jeudi 18 janvier, les villes finalistes de son grand concours : quelle agglomération accueillera le second siège social du géant de l’e-commerce*.

Le bal des courtisans a débuté en octobre 2017 avec 238 villes nord-américaines (États-Unis et Canada) prêtes à tout pour s’attirer les bonnes grâces de la plateforme de vente en ligne. Les finalistes ont toutes en commun d’avoir rempli une série de critères “suggérés” par Amazon : être situé dans une agglomération de plus d’un million d’habitants, être à une distance raisonnable d’un aéroport international et avoir un environnement économique stable.

Par l’emploi et l’argent alléché

Mais surtout, ces villes sont prêtes à des sacrifices fiscaux très alléchants pour attirer le groupe basé à Seattle. Même si le volet fiscal n’est pas officiel, les médias se sont largement fait l’écho des efforts que les uns et les autres seraient prêts à consentir. Philadelphie aurait ainsi promis une ristourne fiscale de plus de 2 milliards de dollars sur dix ans. Montgomery serait prêt à proposer des avantages fiscaux de plus de 5 milliards de dollars. Mais c’est Newark qui remporte la palme : la ville du New Jersey est disposée à offrir des exemptions de taxe sur 10 ans à hauteur de 7 milliards de dollars.

Ces agglomérations espèrent toutes rentrer largement dans leur frais si Amazon fait le bon choix. Jeff Bezos avait su susciter leur attention en promettant que la construction d’un nouveau QG permettrait la création de 50 000 emplois très qualifiés et entrainerait 5 milliards de dollars d’investissement dans l’économie locale.

Cette perspective avait incité les candidats à effectuer une danse du ventre qui, parfois, pouvait sembler exagérée. Frisco avait proposé de redessiner son centre-ville autour du siège d’Amazon. À Detroit, un groupe d’entrepreneurs locaux s’était créé pour analyser des centaines d’heures d’interview de Jeff Bezos afin de comprendre comment le séduire. Le maire de Stonecrest, en Georgie, avait même proposé de construire une nouvelle ville qu’il aurait baptisée… Amazon.

Cette folle surenchère s’explique par l’état souvent déplorable des finances des collectivités locales américaines. Les investissements directs qu’Amazon a promis et le regain d’activité que l’installation du géant pourrait engendrer produirait, dans le meilleur des scénarios, une forte hausse des revenus fiscaux. Depuis sa création en 1994, le groupe a marqué Seattle de son empreinte économique où il emploie 25 000 personnes.

Le revers de la médaille

L’effet Amazon peut, cependant, se révéler pernicieux. Plusieurs économistes ont regretté que toutes ces villes candidates se fient aveuglément aux promesses de Jeff Bezos. Certes, “la perspective d’implantation d’Amazon est économiquement plus avantageuse que la relocalisation industrielle plus classique”, reconnaît Enrico Moretti, un économiste à l’université de Californie, interrogé par la chaîne CNBC. Les nouveaux emplois – très qualifiés et dans le secteur Tech – ont tendance à générer davantage de valeur que ceux d’ouvriers qualifiés d’une usine, note cet expert.

Mais l’implantation d’un géant comme Amazon peut être difficile à digérer, soutient le Brooking Institute, un célèbre cercle de réflexion américain. L’arrivée massive de salariés très bien payés va entraîner une flambée des prix de l’immobilier et risque de créer une fracture sociale si les pouvoirs publics n’anticipent pas le choc économique. À Seattle, Amazon est la raison principale pour laquelle les loyers augmentent de 10 % par an.

Surtout, ces villes sont encouragées, à travers cette compétition, à multiplier les avantages offerts à Amazon, alors que le groupe aurait de toute façon dû construire un nouveau siège social. “Le seul gagnant de tout ça est Amazon”, note le New York Times. Le Brooking institute abonde : difficile de croire qu’un groupe aussi important n’ait pas déjà une idée très précise du lieu d’installation, et cet appel d’offre sert uniquement à mettre Amazon en position de force face à des villes prêtes à tout pour satisfaire le maître de l’e-commerce. Sans compter que toutes les agglomérations non retenues – et qui n’avaient probablement jamais vraiment eu de chance de l’être – seront cataloguées comme “pas assez attrayantes pour Amazon”.

*Atlanta, Austin, Boston, Chicago, Columbus, Dallas, Denver, Indianapolis, Los Angeles, Miami, Montgomery, Nashville, Newark, New York, Northern Virginia, Philadelphie, Pittsburgh, Raleigh, Toronto, Washington

Première publication : 19/01/2018

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